Les investisseurs se montrent de plus en plus exigeants

Les mauvaises conditions de marché ont souvent bon dos pour justifier l'échec d'une introduction en Bourse. D'aucuns, à commencer par les premiers concernés, seraient tentés d'expliquer le retrait par Accor du projet d'ouverture du capital de Lucien Barrière par l'extrême nervosité des opérateurs. Mais la réalité est loin d'être aussi simple. Les incertitudes d'ordre conjoncturel, intégrant notamment des craintes déflationnistes, ont rendu les investisseurs nerveux et surtout prudents à l'égard des profils cycliques. Les faits sont là : l'intérêt d'une opération ne se résume pas à un prix. Celle de Lucien Barrière n'a pas, en réutilisant les termes d'un communiqué diffusé par Accor, « reçu l'intérêt escompté de la part des investisseurs ». Force est d'admettre qu'en regardant les plus grosses opérations réalisées récemment à la Bourse de Paris (en termes de montant de capitalisation boursière), une large majorité répondait plus à une logique actionnariale qu'industrielle. Les apparitions sur le marché de CFAO et Edenred ont, par exemple, résulté de volontés de recentrages stratégiques de la part de leur actionnariat. « projets de développement et de croissance »De son côté, Medica a augmenté son capital de 275 millions d'euros sachant que l'argent récolté était principalement destiné à alléger une lourde dette contractée dans le cadre d'une opération de LBO. In fine, le butin engrangé par les nouveaux entrants à la Bourse de Paris depuis le début de l'année se limite à seulement 546 millions d'euros. Le segment des petites et moyennes capitalisations guidé par de réels besoins de financement d'investissements, y a largement contribué.« Il est plus que jamais important que les entreprises présentent des projets de développement et de croissance lisibles pour attirer l'oeil des investisseurs » glisse Xavier Bommart, responsable du développement commercial du listing Europe chez Nyse-Euronext. Il observe, néanmoins, une recrudescence de projets d'introductions en Bourse de la part de grosses valeurs moyennes. Le groupe agro-industriel Tereos en fait partie. Xavier Bommart dit aussi avoir «enregistré en pré-dépôt le projet d'introduction d'une entreprise qui pourrait lever 300 millions d'euros avant la fin de l'année ». De son côté, Marc Lefèvre, directeur des relations émetteurs Europe chez NYSE Euronext annonce que des « entrées en Bourse intervenant dans le cadre d'opérations de scission sont prévues dans le courant du premier semestre 2011 ».

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