Medvedev peaufine son profil de monsieur Social

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Dmitri Medvedev a passé près des deux tiers de son discours d'une heure vingt à énumérer les mesures sociales qu'il a mises en place et va confier immédiatement à son gouvernement. Il a fait de l'enfance la « priorité numéro un de l'État » et s'est félicité du redressement du taux de natalité en Russie, alors que ce pays est le seul des pays émergents (Bric) à voir sa population diminuer.Son grand discours de politique générale devant les deux parlements russes a relégué tout à la fin les thèmes de la démocratisation, de lutte contre la corruption et de politique étrangère, thèmes qui le distinguaient de son prédécesseur Vladimir Poutine. Le président russe s'est plaint de ce que les partis ne jouent pas leur rôle et a exigé que la proportionnelle soit instaurée dans les scrutins locaux : « une mesure fondamentale pour le bien-être des concitoyens ». Il a promis que le programme de privatisation allait s'élargir et a intimé aux autorités locales de « se séparer d'actifs tels que les usines, les journaux ou des bateaux, qui seront bien mieux gérés par le privé ». Nommant la corruption comme la pire menace contre le développement économique, il a demandé à ce que les fonctionnaires corrompus soient « punis d'amendes allant jusqu'à cent fois le montant du pot-de-vin ».Partenariat stratégiqueSur le versant économique, Dmitri Medvedev s'est félicité mardi d'avoir stabilisé l'économie après la crise mondiale et il a estimé que la croissance s'établirait à environ 4 % en 2010, après une récession de 8 % en 2009. Il a insisté sur la nécessité d'accroître l'efficacité énergétique de 40 % d'ici 2020, un marché qui intéresse beaucoup des groupes français comme Total, GDF-Suez et Schneider Electric. Le président russe a justement mis l'accent sur le partenariat stratégique avec deux pays en particulier : l'Allemagne et la France. Si les relations internationales ont été peu évoquées, l'unique moment où Medvedev a usé d'un ton menaçant fut pour annoncer « une nouvelle course aux armements si nous ne trouvons pas un accord constructif sur un système commun de défense antimissile », projet évoqué lors du récent sommet de l'Otan à Lisbonne. Dmitri Medvedev n'a guère insisté sur son programme de modernisation, qui fut le thème central de son discours l'année dernière. Les projets d'une vaste technopole près de Moscou et d'un Centre financier international n'ont pas significativement avancé et laissent sceptique la majorité des Russes. En outre, au vu de l'impuissance des autorités face aux terribles incendies de cet été, la conversion vers les technologies de pointe semble loin des besoins réels du pays.

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