En Roumanie, les investisseurs licencient

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La crise économique a touché de plein fouet la Roumanie et n'a pas laissé de place à la demi-mesure. Près de 440.000 personnes, soit un salarié sur dix, ont perdu leur emploi l'année dernière, selon les statistiques officielles du ministère du Travail. Et la très grande majorité de ces licenciements ont eu lieu dans le secteur privé, où l'on s'attend à ce que la fin de l'année 2010 soit pire encore. « Les prévisions sont très mauvaises et nous estimons qu'au moins 500.000 autres salariés vont perdre leur emploi dans le privé cette année », explique Adrian Izvoranu, le directeur général de l'Alliance des confédérations patronales de Roumanie. Dans ce contexte, les multinationales ont eu recours à des licenciements massifs. « Dès l'apparition des premiers signes de la crise, les sociétés présentes sur le marché roumain ont immédiatement réduit leurs coûts, notamment ceux du personnel », note Sorin Pislaru, le rédacteur en chef du quotidien économique Ziarul Financiar. Et d'ajouter : « Les syndicats étant bien moins puissants qu'à l'Ouest, les salariés ne sont pas aussi protégés en Roumanie face aux licenciements ». Arcelor Mittal, par exemple, a licencié 4.000 personnes en 2009, pendant que le sous-traitant automobile allemand Draxlmaier s'est séparé, lui, de 2.000 salariés. Tout cela sans aucun mouvement social.absence de mesures concrètesAutre effet notable de la contraction de l'économie roumaine, les investissements directs en provenance de l'étranger ont été réduits de moitié en l'espace d'un an. En 2008, ils avaient atteint le chiffre record de 9 milliards d'euros, pour redescendre à moins de 5 milliards d'euros en 2009. Et en l'absence de mesures concrètes de la part du gouvernement, « cette tendance devrait continuer en 2010 », selon Doina Ciomag, la directrice du Conseil des investisseurs étrangers (FIC) en Roumanie. Les chiffres du premier trimestre 2010 ont déjà confirmé ces craintes. Durant les trois premiers mois de l'année, les investissements étrangers ont été réduits de moitié par rapport à la même période de 2009.Jonas Mercier, à Bucarest

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