Cumulant les difficultés, une partie de l'industrie tricolore est en péril
La Tribune
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Il n'y a pas vraiment pas de quoi sauter au plafond. Après un exercice 2009 meurtrier, l'économie française se contentera de panser ses plaies en 2010. L'année dernière, la récession a fait bondir de 11,4 % à 61.595 le nombre des défaillances d'entreprises (redressements et liquidations judiciaires, procédures de sauvegarde) selon la société d'étude Altares. Affichant une des plus fortes hausses de défaillances (+?22 %), l'industrie manufacturière a particulièrement souffert. Certes, cette sinistralité s'est essoufflée, le nombre des défaillances ayant reculé de 5,2 % sur un an au deuxième trimestre, mais elle reste forte.Plusieurs secteurs sont particulièrement fragiles, à des degrés divers. Selon le cabinet Xerfi, l'industrie agroalimentaire, l'automobile et la chimie de base sont « juste » menacées en raison des pressions sur les prix qui s'exercent dans ces secteurs, de la concurrence croissante des émergents et du basculement de la demande vers l'Est. Un basculement dont les entreprises tricolores ont pris la mesure avec retard. Résultat, les marchés d'Europe de l'Est par exemple sont aujourd'hui quasiment verrouillés par nos concurrents allemands. La situation est plus alarmante dans le meuble, le textile, l'habillement et l'électronique de loisirs considérés comme défaillants selon Xerfi car ils cumulent les difficultés. Alors qu'ils subissent eux aussi une forte concurrence axée sur les prix, leurs frais de personnels représentent une partie importante de leurs coûts de production. De plus, ils appartiennent à des secteurs très fragmentés dans lesquels ils n'arrivent pas à trouver leur place. Ainsi, dans le meuble, les entreprises françaises ont abandonné le bas de gamme aux chinoises et le haut de gamme à leurs concurrentes italiennes. Autre difficulté, ils doivent faire face au poids croissant de la grande distribution. Enfin, parce que les entreprises de ces secteurs n'ont pas su unir leurs forces pour innover ou exporter, elles ne luttent plus à armes égales face aux entreprises étrangères, notamment allemandes et italiennes mais également asiatiques, regroupées en « clusters ». Fabien Piliu
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