Le service de renseignement de Corée du Sud a accusé vendredi la Corée du Nord d'ourdir des attaques « terroristes » contre des ambassades et des expatriés sud-coréens, ce qui a amené Séoul, sur fond de défections d'expatriés nord-coréens, à relever son niveau d'alerte pour ses représentations diplomatiques dans cinq pays.
La tension ne retombe pas entre Séoul et Pyongyang. Le service de renseignement de Corée du Sud (NIS) a accusé ce vendredi la Corée du Nord de préparer des attaques « terroristes » contre des ambassades et des expatriés sud-coréens. Le NIS dit avoir « détecté de nombreux signes indiquant que la Corée du Nord est en train de préparer des attaques terroristes contre le personnel de nos ambassades ou nos citoyens dans plusieurs pays », citant la Chine, l'Asie du Sud-Est et le Moyen-Orient.
«La Corée du Nord a envoyé des agents dans ces pays pour accroître la surveillance des ambassades sud-coréennes, et se livre également à des activités spécifiques comme rechercher des citoyens sud-coréens pouvant devenir des cibles terroristes potentielles» a ajouté le NIS dans un communiqué.
Jeudi, le ministère sud-coréen des affaires étrangères a également annoncé avoir relevé le niveau d'alerte antiterroriste pour ses ambassades au Cambodge, au Laos et au Vietnam, et pour ses consulats à Shenyang, dans le nord-est de la Chine, et à Vladivostok, en Extrême-Orient russe. Pyongyang possède également des représentations diplomatiques dans ces cinq lieux.
Une vague de défections d'expatriés nord-coréens pourrait être à l'origine de ces menaces
Selon le NIS, ces menaces semblent liées à une vague de défections d'expatriés nord-coréens bloqués à l'étranger pendant la pandémie, et qui cherchent par tous les moyens à éviter de rentrer maintenant que Pyongyang a rouvert ses frontières.
Le NIS a dit soupçonner les diplomates nord-coréens d'envoyer à Pyongyang de faux rapports, accusant la Corée du Sud d'avoir incité ces personnes à faire défection, afin d'éviter d'être jugés indirectement responsables et sanctionnés. La défection est un crime grave en Corée du Nord, et ceux qui la tentent s'exposent à des peines sévères, de même que leurs familles restées au pays. Même des personnes ayant un lien indirect avec l'individu ayant fait défection peuvent être punies. Le résultat est que le régime nord-coréen pourrait être en train de « préparer des représailles » contre des diplomates sud-coréens, estime-t-il.
Des dizaines de milliers de Nord-Coréens sont rentrés en Chine au cours des dernières décennies, cherchant une vie meilleure. Pékin les considère comme des migrants économiques illégaux, ce qui oblige nombre d'entre eux à se tourner vers des pays tiers pour pouvoir se rendre ensuite en Corée du Sud. Mais les arrivées ont diminué depuis l'arrivée au pouvoir de Kim Jong Un il y a plus de dix ans. Pendant la pandémie, Pyongyang a renforcé la sécurité aux frontières et a imposé une politique de « tir à vue », selon le média spécialisé NK News, établi à Séoul. D'après le ministère sud-coréen de l'Unification, seuls 196 Nord-Coréens ont réussi à se rendre au Sud l'année dernière, alors qu'ils étaient près de 3.000 en 2009.
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
La Corée du Sud, «principal ennemi» de Pyongyang
Le dirigeant nord-coréen a récemment déclaré que la Corée du Sud était le « principal ennemi » de son pays avec qui toute perspective de réunification est vaine. Kim Jong Un a ainsi juré de porter un « coup fatal » le 10 avril dernier aux ennemis de son pays, a rapporté l'agence d'Etat KCNA jeudi, alors que le parti au pouvoir en Corée du Sud subissait une défaite cuisante aux législatives.
La Corée du Nord « portera sans hésitation un coup fatal à l'ennemi en mobilisant tous les moyens en sa possession » en cas de provocation, a déclaré Kim Jong-un, selon KCNA. « Le moment est venu de se préparer plus que jamais à une guerre », a-t-il également lancé, ajoutant que son pays devait « être plus fermement et parfaitement préparé à une guerre, qui devrait être gagnée sans faute, et pas seulement à une guerre éventuelle ». Des images partiellement floues diffusées par KCNA montraient Kim Jong Un, entouré d'officiers de l'armée, inspectant ce qui semble être une représentation miniature de la capitale sud-coréenne, Séoul, ainsi que plusieurs cartes de différentes régions de la péninsule.