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Un monde de vieux, qui va payer ?

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Publié le 01 septembre 2009 à 23:38 - Mis à jour le 01 septembre 2009 à 23:38

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En 2050, la France aura, selon les projections actuelles, 70 millions d'habitants, à peu près autant que l'Allemagne. Mais une personne sur trois aura 60 ans ou plus. Notre pays comptera 11 millions de personnes de 75 ans et plus, contre 5 millions en 2005.Cette évolution structurelle emporte des conséquences de toute nature. Politiquement, la voix des anciens sera de mieux en mieux entendue. Plus stables que les jeunes, disposant de tout le temps nécessaire pour s'intéresser aux affaires locales et pour influencer les élus, ils participent massivement (en tout cas plus que les autres catégories) à tous les scrutins. Logiquement, ce devrait être une aubaine pour les partis conservateurs, ce qui ne veut pas dire pour la seule droite, puisque les repères idéologiques s'effacent progressivement.Donc, ne pas effrayer, ne pas porter atteinte aux « droits acquis », ne pas amputer le pouvoir d'achat des retraités. Mais, par ailleurs, les anciens sont plus affectifs, moins rationnels que les actifs. Ils peuvent donc donner leur confiance de manière plus constante, ils sont moins amateurs de « zapping » politique, ils sont sensibles à la séduction et à la personnalisation du pouvoir. Ainsi, aucun grand de ce monde ne devrait négliger les attentes et les craintes de ce vaste vivier électoral. Qu'en résulte-t-il sur le plan économique et en termes de gouvernance publique ?À mon avis, le thème de la dette, et les angoisses qu'il inspire, a de beaux jours devant lui. Les anciens, qui savent au prix de quels efforts se constitue l'épargne, ne sont pas favorables à la « politique de la cigale ». Ils sont sensibles au traitement réservé à leurs économies plus ou moins considérables. Beaucoup d'entre eux, par exemple dans les classes moyennes, contestent l'ISF, quand celui-ci les rattrape par le seul jeu des valeurs immobilières. Bref, une population vieillissante exercera une influence en faveur de politiques plus soucieuses de rigueur financière.Naturellement, la dépense de Sécurité sociale ? et plus spécialement d'assurance-maladie ? continuera à croître à un rythme plus élevé que la moyenne de la dépense publique. Même si l'âge du départ en retraite sera progressivement repoussé, selon la méthode allemande, l'augmentation annuelle probable des dépenses de pensions est chiffrée à 2 milliards environ pour la seule période 2009-2012.Mais le principal problème ne se situe pas, à mes yeux, au niveau de la dépense. Il s'exprime plutôt en termes de stratégie des prélèvements obligatoires. Les charges sur les actifs d'une part, celles incombant aux entreprises d'autre part, seront-elles supportables en termes de compétitivité de notre économie et de localisation des emplois, notamment industriels ? Une bonne illustration de nos contradictions est la question du cinquième risque. Les assureurs plaident, de façon intéressée, pour une assurance obligatoire, dont ils auraient la gestion, c'est-à-dire un prélèvement obligatoire sur les actifs. La mission d'information du Sénat a suggéré un recours plus significatif à la solidarité familiale intergénérationnelle : il s'agit non pas de rétablir un « recours sur succession », mais, de manière beaucoup plus modérée, de prévoir un « gage sur succession », au-delà d'une franchise, et de manière à produire, à terme, une recette annuelle de l'ordre du milliard d'euros, de nature à améliorer une équation difficile. Quoi qu'il en soit, la demande sociale est forte pour mettre en place un système mixte de couverture de ce risque tenant à la fois de la maladie et de la vieillesse, comportant un niveau de solidarité et un régime contributif. N'oublions pas, cependant, que l'effort actuellement consacré par les budgets publics aux personnes âgées dépendantes est de l'ordre de 20 milliards d'euros par an, que l'allocation personnalisée d'autonomie est versée à plus de 1 million de personnes et que la France, l'Allemagne et le Japon sont les trois seuls États à avoir déjà mis en place une couverture sociale en ce domaine.N'oublions pas non plus que la France n'est pas l'État le plus mal placé de la « vieille Europe », compte tenu d'une natalité que beaucoup nous envient. La crise comporte enfin un heureux aspect. Tous nos gouvernements, au sein de l'Union européenne, ont dû accepter une forte aggravation de leurs déficits publics. Le retour à la soutenabilité des finances publiques sera une contrainte commune. Est-il excessif d'espérer que la trajectoire soit au moins concertée ? n (*) Sénateur de l'Oise (UMP), rapporteur général de la commission des Finances.philippe marini (*)

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