L'Afrique du Sud, point d'entrée des banques étrangères sur le continent

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Les Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine) ne sont plus les seuls pays émergents à fort potentiel ! L'Afrique aussi attire de plus en plus d'investisseurs étrangers et son secteur bancaire - dans lequel la Société Généralecute; Générale, Citigroup, HSBC, ou la banque chinoise ICBC confortent leurs implantations - joue un rôle stratégique dans la mise en valeur et le développement du continent.Pour accompagner les groupes étrangers dans leurs activités d'extraction minière ou pétrolière, banques et compagnies d'assurances, comme Axa, suivent en Afrique leurs clients européens, américains, et même asiatiques. Se considérant panafricaine en couvrant quatorze pays aux quatre coins de l'Afrique, Citi mise beaucoup sur ce vaste continent dont la population pourrait atteindre 2 milliards de personnes en 2050. Cuivre, cobalt, orLe directeur des opérations de Citi pour l'ensemble de l'Afrique, Nicholas Young, souligne l'implication des groupes chinois : sa banque a d'ailleurs créé un « China Bureau » où des banquiers parlant mandarin contribuent au développement de liens commerciaux, suivant l'objectif stratégique de Citi qui est de favoriser les échanges entre marchés émergents.Pour soutenir la demande chinoise croissante de matières premières extraites en Afrique, comme le cuivre congolais, le cobalt, l'or ou les minerais sud-africains, certaines banques chinoises ont choisi de s'installer directement sur place, plus précisément en Afrique du Sud, première puissance économique africaine. Parmi les treize filiales locales de banques étrangères dénombrées par la banque centrale du pays, deux sont chinoises (Bank of China et CCBC) et ont enregistré une progression de leur total de bilan de respectivement 102% et 17% entre 2008 et 2009.Le tournant stratégique a été, en 2008, la prise de participation par le chinois ICBC de 20 % du capital de la Standard Bank, la plus grande banque d'Afrique. Si l'opération rapporte à ICBC un retour sur investissement de 7,7 % par an, elle permet surtout aux deux banques de tirer parti de la crédibilité, et des réseaux de l'autre. Ainsi, le consortium a remporté en 2008 le marché du financement d'une centrale électrique au Botswana pour 1,6 milliard de dollars. Plus anecdotique mais très pratique, les touristes chinois peuvent depuis trois mois retirer de l'argent ou payer avec leur carte China UnionPay dans l'ensemble du réseau de la Standard Bank !Les acteurs occidentaux ne sont pas absents du marché sud-africain pour autant. Parmi les quatre banques leaders en Afrique du Sud, les « Big Four », Absa Group a pour premier actionnaire Barclays (à hauteur de 58%). Il a repris 80% du capital de la filiale de Barclays au Mozambique et propose avec Barclays des solutions sur mesure, notamment de la bancassurance dans d'autres pays africains. HSBC, elle aussi, pourrait entrer au capital d'une des « Big Four », la Nedbank. Des quatre grandes banques, une seule reste vraiment indépendante, la First National Bank.Les banques étrangères sont aussi actives dans le soutien au développement de ces pays. Des initiatives publiques, comme le Black Economic Empowerment en Afrique du Sud, dont la mission est de réparer les préjudices de l'apartheid, les contraignent, comme les autres entreprises, à allouer une part du capital aux salariés, à recruter et s'approvisionner auprès de personnes défavorisées. Les banques se targuent aussi d'intervenir à titre privé, via leur fondation, même lorsque les sommes sont symboliques : Citi a apporté à l'Afrique 14,3 millions de dollars sur 10 ans pour des projets de microfinance et d'éducation financière. L'assureur Axa expédie chaque année plusieurs milliers d'ordinateurs au Sénégal. Pour Michel Hascoet, spécialiste des questions africaines en France, l'aide pourrait être un premier pas vers l'émergence d'une classe moyenne, gage de développement de l'ensemble des pays africains.

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