Réformes, fiscalité... la majorité affiche ses divisions

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Depuis plusieurs semaines, la communication entre l'exécutif et la majorité est brouillée par des prises de position contradictoires sur les réformes. Un terrain sur lequel Nicolas Sarkozy n'entend pas reculer. À mi-mandat, le chef de l'État continue de penser qu'ouvrir tous les chantiers en même temps est le seul moyen de transformer la France. Et pour lui, le projet territorial est la priorité de cette fin d'année.Autant dire que l'Élysée a peu goûté la forme ? une tribune dans le « Journal du dimanche » ? prise par la rébellion de 24 sénateurs UMP, au premier rang desquels Jean-Pierre Raffarin, contre la taxe professionnelle. Nicolas Sarkozy rencontre aujourd'hui le bureau politique de l'UMP, dont l'ancien Premier ministre fait partie, et des sénateurs du Nouveau Centre. L'occasion sans doute de plaider pour que le calendrier des réformes soit tenu. Et peut-être d'un rappel à l'ordre.Une droite « plurielle »Dans l'entourage du chef de l'État, on veut toutefois dédramatiser la tension de ces derniers jours. « Au moins personne ne peut dire qu'on a une majorité de garnison, le doigt sur la couture du pantalon », plaisante un conseiller de Nicolas Sarkozy. Affaires Frédéric Mitterrand et Jean Sarkozy, procès Clearstream, bouclier fiscal, RSA jeunes, déficit de la Sécurité sociale, chaque jour apporte sa polémique qui rappelle que la droite n'a qu'un seul chef mais qu'elle reste plurielle.Dernier épisode hier : 63 députés UMP et Nouveau Centre ont publié une tribune dans « Le Monde » pour demander un futur grand emprunt national compris dans une fourchette de 50 à 100 milliards d'euros, et non de 20 à 40 milliards, la fourchette de la commission Juppé-Rocard. Leur initiative est certes bien vue par certains à l'Élysée, comme Henri Guaino, lui aussi avocat d'un « grand » emprunt, mais confirme l'impression de cacophonie.Jean-François Copé, le turbulent président du groupe UMP de l'Assemblée, est un bon baromètre de l'état des relations entre l'exécutif et les parlementaires de la majorité. Hier, il a jugé dans « Le Parisien » que la réforme de la taxe professionnelle est « imparfaite » et que le gouvernement « doit entendre » les sénateurs.Il a en outre reproché à Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP et ténor de l'orthodoxie sarkozyste, de chercher à « prendre les députés en otages ». En question cette fois, le vote jeudi à l'Assemblée d'un amendement supprimant les avantages fiscaux pour les sportifs de haut niveau. Jean-François Copé n'a pas admis que le patron du parti majoritaire, en désaccord, demande un réexamen du texte au Sénat.À l'Élysée, on juge « normal » que « les débats aient lieu au sein de la majorit頻, puisqu' « il n'y a pas d'opposition ». « Qui connaît la position du Parti socialiste sur les avantages fiscaux des sportifs ? », feint-on de s'interroger. Néanmoins, Nicolas Sarkozy et le Premier ministre, François Fillon, devraient s'employer dans les jours qui viennent à resserrer les rangs. Car certains à gauche, comme le socialiste François Hollande, ont compris que la fiscalité était une faille dans la majorité.

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