Sarkozy s'emploie à rassurer les gendarmes

La visite de Nicolas Sarkozy, jeudi, à plusieurs brigades de gendarmerie du Loir-et-Cher, avait un double objectif. Le président voulait démontrer une nouvelle fois que l'exécutif faisait de la sécurité une priorité. Voici dix jours, François Fillon inaugurait, lui, un nouveau commissariat de police dans le Val-d'Oise...Mais la visite présidentielle avait un autre objectif : tenter d'apaiser la grogne latente des 95.000 gendarmes face au rapprochement avec les 100.000 fonctionnaires de la police nationale. « Le rattachement au ministère de l'Intérieur, c'est un choix que j'ai assumé, défendu et qui est absolument sans retour », a lancé le chef de l'Etat devant les gendarmes. Ministre de l'Intérieur en 2002, c'est lui qui avait initié ce rapprochement. « Qui peut comprendre que la délinquance rurale dépende du ministère de la Défense et la délinquance urbaine de celui de l'Intérieur ? » a-t-il ajouté face à des gendarmes qui craignent la remise en cause de leur statut militaire et... des avantages qui vont avec. Le président s'est pourtant bien gardé de rappeler que le rapprochement avec la police (qui nécessite pas moins de 150 décrets d'application en cours de publication) est censé générer des économies de gestion, mais n'avait eu pour l'instant que peu d'effets pratiques. Si le gouvernement vient, par exemple, de décider la création d'une unité de coordination des forces d'intervention ( GIGN pour la gendarmerie et FIPN pour l'Intérieur), les deux corps disposent toujours de leur propre système de communication sur le terrain...MécontentementAutre sujet de mécontentement dans les rangs : l'application de la Révision générale des politiques publiques. Entre 2008 et 2010, la gendarmerie « a rendu » 3.500 emplois, comme le constatait voici quelques jours devant la commission de la Défense de l'Assemblée le nouveau patron du corps, le général Jacques Migaux. Au 1er juillet, huit escadrons vont ainsi être supprimés. Pour assurer le maintien de l'ordre sur les côtes durant la période estivale, la direction de la gendarmerie vient d'obtenit le déblocage de 4 millions d'euros pour rappeler et rémunérer des réservistes. Patrick Coquidé

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