PSA Peugeot-Citroën réfléchit à une
La Tribune
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Le nouveau patron de PSA, Philippe Varin, « réfléchit activement à une alliance avec Mitsubishi », selon nos informations. Le président du directoire cherche un partenaire extraeuropéen pour « intercontinentaliser » un groupe trop européocentré. Et il trouve plusieurs attraits majeurs au constructeur japonais, selon des sources proches du dossier. D'autant qu'un éventuel rapprochement avec l'allemand BMW, naguère évoqué, semble aujourd'hui écarté. Tout d'abord, PSA et Mitsubishi se connaissent bien. Une réunion au sommet doit d'ailleurs se tenir aujourd'hui entre les deux constructeurs pour discuter de leur projet d'usine conjointe en Russie. PSA achète à Mitsubishi depuis 2006 des 4×4 rebaptisés Peugeot 4007 et Citroën C Crosser. Enfin, une collaboration se développe dans les voitures électriques (voir notre encadré).Par ailleurs, une grande alliance franco-nippone serait techniquement et géographiquement idéale. Elle avait d'ailleurs été déjà sérieusement envisagée au temps de la présidence de Jean-Martin Folz. Mais celui-ci n'était pas très chaud et le conseil de surveillance n'avait pas donné suite. PSA et Mitsubishi Motors (MMC), contrôlé par le puissant consortium Mitsubishi Corp., sont très complémentaires. Le japonais est spécialisé notamment dans les 4×4 et les pick-up, des véhicules que PSA ne produit pas et qui ont encore un bel avenir, dans certaines régions du monde au moins. Il est aussi performant dans les « midgets », micromodèles fiscalement favorisés au Japon, et jouit d'une certaine avance technique dans les véhicules électriques, tout en disposant dans sa gamme d'une grande berline, la Galant.La firme nippone affiche en revanche des handicaps dans les domaines où PSA est particulièrement fort et peut l'aider, à savoir les modèles de petite taille et compacts. Mitsubishi a besoin de plates-formes pour renouveler sa Colt et sa Lancer. La première avait été jadis étudiée en commun avec Smart (Daimler) qui a, depuis, abandonné sa Forfour. La seconde repose sur une plate-forme conjointe avec Chrysler, ex-partenaire de Daimler avec qui Mitsubishi a été lui-même jadis lié. Par ailleurs, même s'il termine le développement d'un moteur Diesel, Mitsubishi est aussi traditionnellement faible dans ces motorisations si prisées en Europe.Le hicGéographiquement, Mitsubishi est bien implanté au Japon et en Asie du Sud-Est, des régions pratiquement pas couvertes par PSA. Il est aussi installé industriellement aux États-Unis, même si sa pénétration y est médiocre, alors que PSA est absent de ce marché. Le japonais dispose outre-Atlantique d'une usine largement sous-utilisée. La présence de Mitsubishi est par contre marginale en Europe de l'Ouest, où son usine néerlandaise tourne à très faible cadence. Le hic, c'est qu'une prise de participation potentielle dans Mitsubishi Motors coûterait cher à un PSA en manque d'argent frais. En outre, MMC n'est pas en bonne santé, même si sa situation est moins grave qu'il y a trois ou quatre ans, au sortir d'une alliance ratée avec Daimler. MMC a encore affiché une perte nette de 54,9 milliards de yens (430 millions d'euros) sur l'exercice 2008-2009 clos fin mars. Et ses ventes n'ont pas dépassé 1,06 million d'unités, contre 3,26 millions pour PSA en 2008. Sur son premier trimestre fiscal 2009-2010 (avril-juin), Mitsubishi Motors a subi une nouvelle perte nette de 26,4 milliards de yens (200 millions d'euros). Le constructeur espère toutefois finir l'année à l'équilibre, en dépit d'une chute escomptée de ses ventes mondiales à 930.000 véhicules. n PSA achète à Mitsubishi depuis 2006 des 4×4 rebaptisés Peugeot 4007 et Citroën C Crosser.
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