La taxe carbone met la classe politique en émoi

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C'était prévisible. Favorables, sur le principe, à tout mécanisme visant à préserver l'environnement, les Français avaient approuvé au printemps l'idée d'une contribution climat-énergie, ou taxe carbone, aux contours alors très flous. Mais, dès lors que le projet se concrétise, qu'une hausse des taxes sur l'essence de 7 centimes d'euro par litre a été évoquée ? c'était le projet Rocard ? l'opinion publique se retourne comme une crêpe. À hauteur des deux tiers, les Français se prononcent désormais contre le projet du gouvernement, selon un sondage TNS Sofres-Europe 1 publié hier. 73 % d'entre eux estiment que la taxe carbone ne serait pas efficace. C'est dans ce contexte peu favorable que Nicolas Sarkozy présidera aujourd'hui une réunion d'arbitrage sur la taxe carbone. Sur cet impôt « et la fiscalité écologique, on montrera l'exemple », a déclaré hier le chef de l'État. Il plaide toujours, en outre, auprès de l'Union européenne, pour « une taxe carbone aux frontières », proportionnelle au contenu en carbone de chaque produit importé. Un projet à très long terme?S'agissant, dans l'immédiat, de l'impôt strictement français, l'exécutif est moins allant que ne le suggère Nicolas Sarkozy. Même si la taxe est deux fois moins lourde que celle envisagée au mois de juillet par la commission Rocard, les Français se montrent donc plus que rétifs. Tandis que les écologistes, eux, sont furieux, jugeant le niveau retenu (taxation à hauteur de 14 euros la tonne de carbone émise) beaucoup trop faible. Les responsables politiques de tous bords se répartissent entre ces ceux camps, divisant leurs partis. À l'UMP, Alain Juppé fait ainsi part de ses réserves, tandis que plusieurs élus, à l'instar du député Jacques Myard, se prononcent catégoriquement contre.Jean-Louis Borloo symbolise à lui seul cet embarras. Silencieux jusqu'à présent, le ministre en charge du dossier s'est borné hier à préconiser une taxe « juste socialement, efficace » avec « de la progressivit頻. En réalité, Jean-Louis Borloo a perdu la main, explique un des participants à la réunion de suivi du Grenelle organisée par le ministre mardi soir. Partisan d'une contribution climat proche de celle préconisée par les écologistes, le ministre « s'est retrouvé ultra-minoritaire ». Dans un souci de réserve et de solidarité gouvernementale, « il a expliqué qu'il ne voulait pas rajouter à la cacophonie ambiante », rapporte ce même témoin.

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