Regain d'appétit des entreprises pour la high-tech
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Le leader mondial des équipements de réseau Internet Cisco a illustré mercredi soir, avec un éclat inédit, l'appétit retrouvé des entreprises pour les investissements en technologie que les bons résultats de certains des grands groupes américains du secteur avaient laissé deviner. Sur les trois mois clos fin janvier, Cisco a enregistré une progression de 8 % de son chiffre d'affaires, à 9,8 milliards de dollars, alors qu'il avait vu ses ventes se contracter depuis un an. Sur le trimestre à venir, le groupe, qui ne donnait récemment plus d'objectif en raison d'un manque de visibilité, a prédit une progression tonique de ses ventes, de 23 % à 26 %. John Chambers, le PDG du groupe, a enfoncé le clou avec un message d'un optimisme dépassant de loin celui de ses pairs. « Nous pensons que [notre performance] signale clairement que nous rentrons dans la seconde phase de la reprise économique », a-t-il déclaré, en voulant pour preuve la croissance « uniforme » de son chiffre d'affaires sur toutes ses lignes de produits et toutes ses zones géographiques. « C'est l'un des retournements les plus robustes que j'ai vu dans ma carrière », a-t-il ajouté. excellent baromètreCe message est particulièrement positif pour le secteur, dont Cisco constitue un excellent baromètre. Le groupe avait en effet été l'un des tout premiers à voir ses résultats chuter lorsque la conjoncture s'était brutalement détériorée en 2008. Son PDG avait, par ailleurs, été parmi les premiers à relever que la crise financière s'était propagée au reste de l'économie. Mais les résultats de Cisco entérinent surtout la réapparition d'une volonté d'investissement des entreprises dans la technologie, totalement absente pendant l'essentiel de 2009. L'an dernier, le secteur s'était certes bien comporté, le Nasdaq s'envolant de 44 %, soit un rebond près de deux fois plus rapide que celui du S&P 500 (+ 23 %). Mais ce dynamisme reflétait surtout l'appétit du grand public pour certaines catégories d'appareils, tels que les ordinateurs ultra-portables (ou netbooks) ou les smartphones. La dépense des entreprises restait quant à elle désespérément atone. Avec leurs derniers trimestriels, les grand groupes technologiques américains ont montré une nette évolution. Intel, le numéro un mondial des microprocesseurs, a vu au quatrième trimestre son chiffre d'affaires bondir de 28 %, à 10,6 milliards de dollars. Surtout, les ventes de sa division centres de données, qui commercialise les composants pour serveurs, ont affiché un taux de croissance prometteur de 21 %. VMware, le leader mondial des technologies de virtualisation (utilisées pour optimiser le fonctionnement des centres de données des entreprises) a vu ses ventes bondir de 18 % au quatrième trimestre, et table sur une croissance de 21 % à 26 % de ses ventes cette année. EMC, le leader mondial du stockage, est aussi repassé en croissance au quatrième trimestre, de 2 %, et a annoncé tabler sur une progression de ses ventes de 14 % en 2010. Même IBM, le numéro un mondial du service informatique, en repli sur les trois premiers trimestres de 2009, a vu ses ventes progresser de 1% au dernier. « budgets consommés »Récemment, l'un des principaux cabinets d'analyse du marché des technologies, Forrester, a indiqué tabler sur une croissance de 8 % de la dépense en 2010. Forrester a aussi ajouté que le repli du marché de la high-tech était « officieusement termin頻. « On constate sur ce trimestre une saisonnalité accrûe des ventes », observe Benoît Flamant, directeur général d'IT Asset Management. « Les budgets, qui avaient été établis très tard en 2009, ont été fortement consommés en fin d'année, ce qui reflète le regain de confiance des entreprises. Signe supplémentaire, beaucoup d'entre elles redonnent des objectifs sur 2010 ». Mais les résultats d'autres entreprises imposent de tempérer tout excès d'optimisme. La performance mitigée de Microsoft (hors Windows 7) semblent en revanche montrer que les PME sont en retard sur le cycle, observe ainsi le gérant.
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