La réforme de la formation des maîtres passe mal

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C'est une façon pour le gouvernement de se débarrasser de la patate chaude. Face aux difficultés de mise en oeuvre de la réforme de la formation des enseignants, qui doit s'appliquer à la rentrée 2010, c'est aux recteurs et aux chefs d'établissement qu'il reviendra d'organiser la première année d'exercice (année de fonctionnaire stagiaire). C'est ce qui ressort de la circulaire de cadrage sur la formation des professeurs débutants qui vient d'être diffusée.Cette réforme, qui prévoit un recrutement à bac + 5 à l'issue d'un master, supprime l'année de stage en IUFM qui suivait jusqu'alors l'obtention du concours de professeur. Désormais, non seulement les stages avant le concours seront non obligatoires (mais rémunérés), mais en plus, les professeurs débutants prendront tout de suite une classe en responsabilité les deux tiers de leur temps (dix-huit heures par semaine) contre un tiers auparavant. Ils devront donc se contenter d'une formation d'un tiers de leur temps via notamment un tutorat assuré par des enseignants ou des conseillers pédagogiques. Difficulté majeure : la circulaire ne précise pas l'organisation de cette formation. « Il n'y a pas d'ossature nationale, constate Christian Chevalier, secrétaire général du SE-Unsa. Le gouvernement se décharge sur les recteurs et les chefs d'établissement. »En pleine période de préparation de la rentrée 2010, ceux-ci craignent un « scénario du pire ». « Nous sommes dans la plus totale improvisation. Qui va remplacer les stagiaires pendant leur formation ? Comment vont être rémunérés les tuteurs qu'il va falloir aussi remplacer ? » s'inquiète Michel Richard, secrétaire général adjoint du SNPDEN (principal syndicat des chefs d'établissement). Pour apaiser les craintes, le ministère de l'Éducation nationale envisage de faire assurer certains remplacements par des étudiants en master... Le risque est donc de voir des jeunes professeurs prendre une classe en responsabilité - avec pour seul bagage leurs connaissances disciplinaires universitaires -, qui seraient remplacés pendant leur absence par des étudiants. Une rentrée délicatePour limiter la casse, la circulaire recommande aux rectorats, « autant que faire se peut », de ne pas affecter les « stagiaires » dans des écoles à classe unique, des établissements difficiles ou trop éloignés de leur lieu de formation, ou encore des niveaux importants (CP, terminale). Des voeux pieux, selon les syndicats. La rentrée 2010 s'annonce délicate. D'autant plus que les négociations sur les revalorisations salariales promises par Luc Chatel, qui auraient dû aboutir fin janvier, sont au point mort.

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