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Pourquoi le téléphone est la terreur des stagiaires

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Publié le 04 août 2013 à 21:02 - Mis à jour le 04 août 2013 à 21:02

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« La première fois que le téléphone a sonné, j\'étais liquéfié. Je ne savais pas si je devais répondre. Le temps de me décider, j\'ai raté l\'appel. » Vincent* est concepteur-rédacteur junior dans une « boite de pub », il a été embauché après un stage d\'été. Le cinquième en 5 ans. Il fait partie de cette génération qui a acquis son expérience avant d\'être salariée (ou de pointer au chômage) lors de nombreux stages payés au minimum légal (436,05 euros) - « voire pas du tout au début », précise-t-il - : la « génération stagiaire. »Il n\'est pas particulièrement timide, mais comme une grande partie du million de stagiaires que compterait la France (aucun chiffre précis ne pouvant être donnés puisqu\'ils ne sont pas déclarés à l\'Urssaf), ses premiers coups de fils ont été laborieux. « Au début, on parle tout bas - parce qu\'on ne veut pas que les autres entendent si on dit une connerie - et très vite, parce qu\'on a envie d\'en finir. » Mais pourquoi les premiers appels téléphoniques en entreprise sont-ils toujours si difficiles ?Que ce soit pour un client, un annonceur ou le service compta, les échanges téléphoniques sont peuvent être un véritable cauchemar pour certains nouveaux arrivants. « Ca dépend vraiment des gens, explique Valérie Moissonnier, coach en entreprise. Des gens très jeunes peuvent être très à l\'aise avec la prise de parole au téléphone » Pour les autres, voici quelques trucs pour arriver, enfin, à téléphoner normalement au travail. Ne pas mentir sur ses compétencesAttention timides ! La volonté de trouver un stage ou un boulot peut parfois vous pousser à mentir sur vos compétences ou sur votre personnalité. Sauf que le téléphone peut être votre meilleur ennemi. Pour Alexandre des Isnards « c\'est le meilleur moyen de vérifier si la personne n\'a pas menti sur son CV en écrivant qu\'il était bilingue. » Faire abstraction de ses collèguesCar l\'avènement des stagiaires s\'est accompagné d\'une mutation de la vie de bureau : la démocratisation des « open-spaces », qu\'Alexandre Des Isnard - et son comparse Thomas Zuber - ont vivement critiqué dans le best-seller « L\'open-space m\'a tuer ». « En open-space, on est tout le temps surveillé et jugé par ses collaborateurs, explique-t-il, c\'est une pression permanente, et encore davantage au moment de décrocher le téléphone, puisque l\'acte devient une prise de parole en public. » Une prise de parole qui peut même gêner les salariés de longue date : «Très peu de gens sont naturels au téléphone dans les open-spaces » continue le consultant. « Mais le stagiaire est volontairement placé au centre de l\'espace, pour pouvoir garder un œil sur son travail, quand la hiérarchie est toujours près des murs, plus isolée. C\'est une pression supplémentaire. » Dites vous donc que votre voisin aussi n\'est pas tout à fait à l\'aise, même si vous n\'avez pas la meilleure place. Pour les indécrottables, il existe des formations à la prise de parole qui peuvent vous aider. « N\'hésitez pas non plus à vous isoler » conseille le coach Valérie Moissonnier. Une salle de réunion vide avec un poste suffit pour réussir un coup de fil important. Assumer son statut (mais pas trop) « Aujourd\'hui, les stagiaires sont considérés comme des collaborateurs à part entière, précise Alexandre des Isnards. On les nomme « chefs de projets » pour les rendre crédibles face au client quand ils se présentent au téléphone. C\'est un mensonge avec lequel tout le monde n\'est pas à l\'aise. » Rassurez-vous, vos interlocuteurs s\'en moquent : « il n\'y a pas d\'indulgence naturelle, constate Guillaume Evin, l\'auteur de « Profession : stagaire ». La personne à l\'autre bout du fil veut seulement que l\'on honore sa demande » Pour être tout de suite opérationnel, demander de l\'aide ou une formation expresse à un collègue ou à son maître de stage n\'est pas interdit : « Il faut commencer par un contexte sans enjeu, pour s\'exercer. Si personne ne veut vous aider en interne, entraînez-vous avec un ami, à l\'extérieur », précise le coach. Ne pas hésiter à avouer ses faiblessesFanny*, 21 ans, est stagiaire « assistante achats » pour une entreprise de e-commerce et « timide maladive » selon ses dires. Elle a donc préparé des fiches avec les phrases à dire aux fournisseurs pour éviter les bévues. « Juste quelques éléments de négociation, des informations indispensables. » Malin... Jusqu\'à ce qu\'à l\'autre bout du fil, on lui pose une colle : « ca marche pas terrible, admet-elle, on m\'a posé une question pour laquelle je n\'avais pas de notes, j\'ai bredouillé - paniquée -, avant que mon chef ne m\'écrive la réponse sur un post-it. j\'étais terriblement gênée. » Pour Valérie Moissonnier, cette méthode est pourtant souvent bénéfique « Vous serez toujours plus à l\'aise avec une petite présentation, un script ou un argumentaire de vente. L\'important, c\'est de ne pas hésiter à dire qu\'on ne sait pas, et de rappeler son contact plus tard, une fois que l\'on a la réponse. » Une technique qui évitera que toute la boîte vous entende échouer dans une négociation. Enfin, sourire« Ca peut paraître facile, mais sourire est un élément très important au téléphone, rappelle aussi la coach. Même si l\'interlocuteur ne vous voit pas, ça change tout. » Même sans ces astuces, le temps fait souvent son œuvre. Vincent, le jeune pubard, a appris à relativiser : « c\'est comme aller au toilettes ou prendre une heure de pause déjeuner : ça devient vite naturel !» *Les prénoms ont été modifié

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