Bruxelles fait une première tentative de traçabilité du « shadow banking »

La finance de l\'ombre est dans le collimateur de Bruxelles. Mercredi 4 septembre, la Commission européenne a présenté un projet de législation visant à mieux réglementer les fonds monétaires. Ces derniers détiennent en Europe près du quart (22%) des titres de dette à court terme émis par les administrations publiques et les entreprises, et 38% de ceux émis par les banques.Or, les fonds monétaires, qui représentent ainsi en Europe un volume d\'activité de 1.000 milliards d\'euros, « ne sont pas aussi stables (que les banques) et, en cas de tension, ils peuvent mettre en danger tout le système financier », a argumenté Michel Barnier, le commissaire européen chargé des Services financiers, lors d\'une conférence de presse, mercredi. Conséquence, la Commission européenne veut contraindre les fonds monétaires à limiter à 5% le poids d\'un émetteur dans leur portefeuille. Elle entend également les obliger à disposer d\'une réserve de fonds propres équivalant à 3% de leurs actifs. Enfin, les portefeuilles des fonds monétaires devront être constitués à hauteur de 10%, au minimum, d\'actifs d\'une échéance maximale d\'un jour. Et une part supplémentaire de 20% des portefeuilles devra être composée d\'actifs dont l\'échéance n\'excèdera pas une semaine. Le tout devant permettre aux fonds de rembourser les investisseurs souhaitant retirer de l\'argent à court terme. Ce projet de législation n\'est qu\'une première étape dans la stratégie de Bruxelles, qui ambitionne de mieux encadrer l\'ensemble du « shadow banking. » Un secteur qui pèse 60.000 milliards de dollars à l\'échelle mondiale, dont 31.000 milliards au sein de la seule Europe.

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