Les pays du G20

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Finance internationaleNe pas relâcher la pression? Cinq mois après le G20 d'avril à Londres, les ministres des Finances des 20 principales puissances économiques de la planète se retrouvent, depuis hier dans la capitale britannique, pour tenter de prendre des décisions concrètes sur la régulation financière. Ils préparent le terrain pour le G20 de Pittsburgh, aux États-Unis, dans trois semaines.Mais les premiers signes de reprise économique rendent l'urgence politique moins forte et les grands principes d'avril dernier risquent de rester lettre morte. « C'est un moment clé, a estimé Christine Lagarde, la ministre de l'Économie, à son arrivée à Londres. On sent des signes de reprise. La tentation, c'est de revenir au ?business as usual?. Mais personne ne veut que ça recommence comme avant. On veut que les règles changent. »Dans le détail pourtant, les avancées risquent de s'avérer difficiles. L'un des principaux points de friction vient des bonus. Si tous les pays se sont accordés dès avril sur les grands principes devant les encadrer (bonus versés sur plusieurs années, non garantis?), un accord précis est loin d'être acquis. Faut-il par exemple fixer pour les rémunérations une limite fixe exprimée en pourcentage du bénéfice, ou du chiffre d'affaires ? Jeudi, une lettre commune de Nicolas Sarkozy, Gordon Brown, et Angela Merkel permettait d'entrevoir une position européenne commune. « Mais notre point de vue est plus éloigné de celui de la Grande-Bretagne que de celui de l'Allemagne, et celui des États-Unis est encore plus éloign頻, souligne un négociateur français. Christine Lagarde a beau clamer sa « forte détermination », elle refuse de s'engager à ce que la France prenne des mesures unilatérales sur le sujet.éventuelles sanctionsLa France entend également être « attentive » à deux autres sujets. Le premier concerne les paradis fiscaux. Si les listes noires et listes grises publiées en avril ont permis « des progrès », selon Christine Lagarde, il est désormais temps de parler d'éventuelles sanctions contre ceux qui n'appliqueraient pas les règles d'échanges d'informations fiscales. Reste à définir lesquelles, et dans quelles conditions.Le second sujet concerne les règles prudentielles et comptables. En particulier, les règles concernant les fonds propres des banques et leurs liquidités doivent être examinées. Le G20 finance doit aussi être l'occasion de parler de la sortie de crise. Si tous les pays ont pris des mesures de relance, à quel moment faudra-t-il commencer à les arrêter ? Les Britanniques en particulier, dont l'économie a continué à reculer au deuxième trimestre, contrairement à la France et l'Allemagne, s'inquiètent de voir les plans de relance interrompus trop tôt. « Il faudra le faire ensemble, de la manière la plus coordonnée possible », souligne Christine Lagarde, sans pour autant indiquer de durée précise. n

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