Le « oui » irlandais reporte la pression sur Barroso

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Après le « oui » massif des Irlandais, tous les citoyens européens ont, directement ou non, approuvé le traité de Lisbonne. Le président tchèque Vaklav Klaus, qui refuse de signer le traité en dépit du vote favorable de son propre Parlement, restait hier le dernier obstacle à sa ratification. Mais ce « kamikaze de l'euro-scepticisme », comme l'a appelé Pawel Swieboda du think-tank Demos Europa, semble plus isolé que jamais.En attendant que Klaus tranche le dilemme de son suicide politique, chacun a commencé à se projeter dans l'après-Lisbonne. Et là, ce n'est plus tant le président tchèque que celui de la Commission européenne, José Manuel Barroso, qui va se retrouver sous pression, pris en tenaille entre un Parlement et des gouvernements nationaux qui sortent également renforcés des changements institutionnels. Le premier parce que ses compétences sont étendues. Les seconds grâce à la création des deux postes phares de président de l'Union européenne et de ministre des Affaires étrangères. Lisbonne donne à l'Union européenne, donc à la Commission, de nouveaux moyens d'action dans les domaines de l'énergie, des services publics ou encore de la politique spatiale, mais les concessions faites aux Irlandais limitent sa marge de man?uvre en matière fiscale.« Obligations »« Nous aurons un autre équilibre institutionnel », commentait samedi soir la présidente de la délégation socialiste française, Catherine Trautmann, évoquant le poids du Parlement sur « l'immigration et le budget ». « Le cadre institutionnel ne change pas la personnalité de Barroso, mais lui donne des obligations », estime-t-elle.Le patron des eurodéputés UMP, Michel Barnier, le verrait bien en porte-drapeau du « modèle rhénan », un terme popularisé dans les années 1980, qui renvoie ici à deux injonctions?: plus de social et plus de politique industrielle. Pour l'homme qui avait commencé son premier mandat à la Commission en chantre du « mieux légiférer » et l'a terminé en apôtre du climat, ce serait un changement radical.Il faudra quelques mois avant de savoir si Barroso se donne les moyens de contrer les réflexes protectionnistes des gouvernements par des initiatives audacieuses, ou s'il fait mine de pouvoir faire traverser la crise à l'Europe sur le mode du « business as usual ». La composition de sa future Commission et le choix des deux postes de président et de haut représentant seront décisifs. Dans les prochains jours, les tractations à ce sujet vont s'accélérer. n

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