La Fed prolonge son dispositif de crise

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Au cours d'une semaine extrêmement chargée en rendez-vous de banques centrales, c'était hier au tour de la Réserve fédérale américaine de rendre son verdict monétaire, un jour avant ceux de la Banque centrale européenne et de la Banque d'Angleterre.Personne ne s'attendait à ce que la Fed suive l'exemple de la Banque d'Australie, qui a ouvert le bal de la hausse des taux dès le 6 octobre, et récidivé à l'issue de son conseil de mardi dernier. Et de fait, la Fed a maintenu le taux cible des fonds fédéraux dans la fourchette de 0 % à 0,25 %, son plancher historique en vigueur depuis décembre 2008. Mais elle n'a pas adouci le ton de son communiqué, comme le laissaient entendre des « fuites ». Pour les économistes d'Aurel BGC, Jean-Louis Mourier et Christian Parisot, « au sein du FOMC [Federal Open Market Committee, le comité de politique monétaire de la Fed, Ndlr] les avis divergent sur la pérennité et la force de la reprise économique, même si les signes d'amélioration conjoncturelle ne font aucun doute. Sans reprise de l'emploi? le rebond est fragile et la banque centrale peut difficilement durcir son discours. Elle peut seulement, par petites touches, préparer les marchés à une hausse prochaine de son taux directeur » et à la mise en ?uvre de stratégies de sortie de crise. C'est la raison pour laquelle, comme dans ses deux derniers communiqués, la Fed a répété qu'elle entendait maintenir « un niveau de taux extrêmement bas pendant une période prolongée », alors que les fuites suggéraient la disparition de la seconde partie de la formulation. Objectif des « sages » du conseil : limiter le risque de surréaction des marchés, en particulier sur l'obligataire, où le faible niveau des rendements à long terme assure une garantie de financement à bon compte des agents économiques. La Fed n'a pas non plus dérogé à son catéchisme sur les mesures d'assouplissement non conventionnelles. Confirmant qu'elle avait rempli son contrat de rachat de 300 milliards de dollars de titres de la dette publique, la banque centrale n'a pas modifié les principaux programmes de liquidité en cours, qui ne s'achèveront qu'à la fin du premier trimestre 2010. À commencer par sa politique d'apport d'argent frais aux banques et le pharaonique programme de rachat de créances hypothécaires, qui atteindra 1.500 milliards de dollars d'ici à la fin mars. Elle a décidé néanmoins de réduire de 200 à 175 milliards de dollars ses rachats de dette d'agence de refinancement. Ces mesures de stimulation ont permis le retour à l'expansion, avec une croissance du PIB de 3,5 % en rythme annualisé au troisième trimestre, qui devrait encore atteindre 2,4 % au quatrième, et le réveil du marché immobilier sinistré. Les taux hypothécaires se sont détendus de près de 100 points de base sur l'échéance à trente ans, qui se négocie tout juste au-dessus de 5 %. Mais pour remplir son double mandat de stabilité des prix et de plein-emploi, la Fed devra attendre la décrue du chômage, dont le niveau actuel barre la route à un relèvement précoce des taux.

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