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Pour retenir nos jeunes talents, supprimons l'impôt sur les sociétés

La Tribune

Publié le 05 septembre 2013 à 21:02 - Mis à jour le 05 septembre 2013 à 21:02

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Depuis une quarantaine d\'années, le sujet de l\'Immigration a déterminé l\'appartenance et les orientations de nos responsables politiques. Le contrôle de l\'immigration était une impérieuse nécessité qui reste d\'actualité.Pourtant, depuis quelques années, une autre migration en cours est peu appréhendée : l\'émigration des forces vives de notre pays à savoir les jeunes et les entrepreneurs.Tous les Français connaissent ce phénomène. Chacun a déjà entendu parler d\'un jeune proche, d\'un ami, de l\'enfant d\'un proche, tenté par le départ de France. Quant aux entrepreneurs, les témoignages de départs vers des cieux plus cléments ne se comptent même plus.Un quart des jeunes sur le départDepuis quelques mois, des études se succèdent pour mettre des chiffres sur ce que nos concitoyens percevaient empiriquement. Ainsi, selon un sondage IFOP-Deloitte de 2013, 27% des jeunes diplômés envisagent de partir à l\'étranger pour réussir leur vie, ils n\'étaient que 15% en 2012.  Ces chiffres se confirment dans des études réalisées auprès des jeunes non-diplômés.L\'envie de quitter la France concerne donc toutes les catégories de la jeunesse. Les plus diplômés craignent de médiocres débouchés professionnels et leur future taxation, les moins diplômés ont du mal à intégrer un marché du travail en voie de fossilisation.Des solutions politiques inadaptéesConscient du malaise des jeunes Français, en quête électoraliste, François Hollande avait fait de la jeunesse le pilier de sa campagne et avait multiplié les promesses sur le sujet. Arrivé au pouvoir, il continue à en faire un axe majeur de communication mais ses solutions politiques apparaissent totalement décalées.Le recyclage des emplois jeunes en emplois d\'avenir n\'a dupé personne : très peu de jeunes y ont recours, préférant un travail pérenne à un emploi bout-de-ficelle. Le sort des contrats de génération ou des emplois francs sera le même : la jeunesse de 2013 n\'a rien à voir avec celle des années 90, elle cherche un sens à son travail, pas un bricolage social.Des pays attractifsPlus que tout, ces réponses ignorent une donnée  majeure : l\'attractivité des pays étrangers. Dans une mondialisation qu\'ils chevauchent plus facilement que leurs aînés, les jeunes sont attirés par les pays qui leur déroulent le tapis rouge, bien contents d\'accueillir la French Touch.Le spectre de l\'expatriation s\'est d\'ailleurs beaucoup élargi. Aux traditionnels voisins d\'Europe et au rêve américain, les jeunes préfèrent parfois les pays qui n\'ont plus rien d\'émergents, comme le Brésil et la Chine ou des destinations aussi lointaines que l\'Australie.Il y a urgence En alternative à cette politique de jeunesse franco-centrée qui ignore le grand exode des jeunes qui se prépare, la droite désormais dans l\'opposition doit trouver des réponses qui lui permettront de stopper l\'hémorragie. Dans une France qui se vide de son sang neuf, quand les jeunes formés en France tournent le dos à leur pays, il faut leur envoyer un signal puissant pour les retenir.Je propose donc de supprimer l\'impôt sur les sociétés pour les créateurs d\'entreprise de moins de 25 ans. Une telle mesure redonnerait une grande bouffée d\'oxygène à une jeunesse qui se sent bridée. Il faut lui donner les moyens d\'entreprendre, d\'innover.Assumer l\'effet d\'aubaineLe choix de l\'entrepreneuriat pour restaurer la confiance n\'est pas une lubie idéologique, il répond à une aspiration profonde : plus d\'une jeune sur deux a envie de créer son entreprise mais très peu vont jusqu\'à sauter le pas.Bien sûr, des esprits chagrins objecteront que cette mesure pourrait être un effet d\'aubaine. Assumons donc cet effet ! Cela fait justement bien longtemps que les jeunes Français n\'ont pas entrevu de réelle aubaine pour les aider dans leur avenir.Une jeunesse française innovantePourtant, comme ses illustres ainés, La jeunesse française a des idées, elle est innovante et audacieuse. Sans remonter jusqu\'aux généraux de l\'Empire et autres héros légendaires à la vingtaine conquérante, les grandes réussites se forgent souvent à ces âges.Les géants français sont souvent nés de la ténacité d\'un jeune entrepreneur. Edouard Leclerc a créé son premier magasin à l\'âge de 23 ans, le premier avion de Marcel Dassault a été réalisé à ses 25 ans, Marcel Bleustein-Blanchet, fondateur de Publicis, a créé son agence à l\'âge de 20 ans. A l\'étranger, les noms de Zuckerberg ou de Jobs résonnent quand on évoque ces jeunes qui ont créé leur entreprise-empire bien avant leur quart-de-siècle.C\'est avant cette limite d\'âge qu\'il faut administrer cet électrochoc. En effet, dans quelques années, même si nous effectuons les réformes les plus nécessaires et les plus courageuses, toute reprise nous sera impossible, si tous les jeunes talents de France cèdent aux sirènes du départ.

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