Le patronat montre les dents avant une éventuelle hausse des impôts

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Le message du patronat est clair : toute hausse d'impôt est exclue. Ce fut l'avertissement de Laurence Parisot pendant l'Université du Medef qui s'est achevée vendredi. Jean-François Roubaud est sur la même ligne. Le président de la CGPME explique à « La Tribune » : « La reprise de l'économie est trop fragile. Certes, l'état des finances publiques de la France est préoccupant. Mais alourdir la fiscalité des entreprises en cette période serait catastrophique. Ce n'est pas une bonne solution alors que l'économie française recommence à peine à recréer des emplois. » Si les organisations patronales montent ainsi au créneau c'est parce que, en leur sein, oncraint que le débat budgétaire n'accouche d'une hausse de la pression fiscale. Une inquiétude alimentée par le volontarisme affiché par certains députés influents des commissions des finances. « Il n'y a aucune raison pour que les entreprises échappent à la rigueur », lance l'UMP Gilles Carrez. Le rapporteur général du Budget à l'Assemblée a quelques idées des coupes à mener. Il propose ainsi de reporter la suppression de la dernière tranche de l'impôt forfaitaire annuel - suppression prévue à l'origine pour 2011). Gilles Carrez souhaite également recentrer sur les PME le crédit d'impôt sur l'intéressement. Même volontarisme chez Jean-Michel Fourgous, député UMP : « Toutes les niches fiscales et sociales, leur utilité et leur impact sur l'économie et sur le bien-être de nos concitoyens seront minutieusement étudiés. Il faudra faire des choix difficiles mais, une chose est sûre, nous ne remettrons pas en cause les dispositifs qui stimulent la croissance.  » 50 milliards de fraude fiscale Quid, dans ce contexte, du crédit d'impôt recherche (CIR), salué vendredi par Nicolas Sarkozy comme « le système fiscal le plus favorable au monde en faveur de la recherche » ? Il devrait, lui aussi, être la cible d'une l'offensive des parlementaires pour le raboter. « Il y a quelques centaines de millions à récupérer », souligne Gilles Carrez. Le CIR coûte 4 milliards d'euros par an aux finances publiques. Jean-François Roubaud (CGPME) propose « une alternative au gouvernement » : « La fraude fiscale des particuliers et des entreprises représente 50 milliards d'euros chaque année. Avec une volonté politique forte, le gouvernement n'aurait-il pas les moyens de résoudre une partie du problème ? » Le projet de budget (présenté sans doute en conseil des ministres le 29 septembre) devrait apporter une partie des réponses aux inquiétudes des patrons. Mais il leur faudra attendre la fin des discussions parlementaires pour savoir finalement à quelle sauce ils seront mangés.

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