L'aide au développement débattue à Bruxelles

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Alors que s'ouvrent ce lundi à Bruxelles les Journées européennes du développement, le continent africain apparaît de moins en moins, aux yeux des Européens, comme un puits sans fond engloutissant leur aide. Il fait désormais figure de nouvelle « frontière ». Ces dernières années, pendant que les Chinois investissaient massivement en Afrique dans le pétrole, l'exploitation minière et l'industrie, les Européens n'avaient, eux, que l'Asie en tête. Ainsi, alors que les 27 fournissent plus de la moitié de l'aide mondiale au développement, les dirigeants africains se plaignaient du manque d'investissements européens qui « ont systématiquement évité l'Afrique pour aller vers l'Asie », de l'avis de Jean Ping, président de la Commission de l'Union africaine.« Intérêt mutuel »Il y a cependant une différence d'approche vis-à-vis de l'Afrique : « Les Chinois y pratiquent une forme de néo-colonisation économique, alors que nous voulons mettre en place un partenariat où chacun est gagnant », assure à « La Tribune » le ministre belge de la Coopération, Charles Michel. La semaine dernière, Européens et Africains, réunis en sommet, ont adopté à Tripoli une nouvelle stratégie pour relancer la coopération en panne. « On est dans une phase de transition car on arrive à une génération de responsables qui n'a pas connu la colonisation », explique le jeune Charles Michel, pour qui « la charité, la bonne conscience et la culpabilité » cèdent la place à « l'intérêt mutuel ». Il faut construire des routes, des ports et des réseaux énergétiques pour renforcer l'attrait du continent. Parallèlement, « il faut lutter contre les freins à l'investissement, telles la faiblesse des Etats et l'extrême corruption », explique le ministre belge. Les Européens le font, mais trop souvent individuellement. « Nous devons mieux coordonner notre aide. Il faut éviter les duplications en faisant la même chose aux mêmes endroits. Sinon, à la fin, c'est une perte d'argent et d'énergie », souligne de son côté Catherine Ray, porte-parole de la Commission. Yann-Antony Noghès, à Bruxelle

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