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Pourquoi Vinci met les bouchées doubles dans les aéroports...et met la pression sur ADP

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Publié le 06 février 2013 à 22:03 - Mis à jour le 06 février 2013 à 22:03

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Avec l'acquisition des aéroports portugais ANA pour 3,1 milliards d'euros environ dont le closing est prévu mi-juin, Vinci fait un pas de géant dans sa stratégie d'équilibrage entre ses métiers de la construction, de l'énergie et ceux des concessions. Malgré cet achat, dont le prix est jugé excessif par certains observateurs, le PDG du groupe français de BTP et de concessions, Xavier Huillard, reste à l'affût d'autres opérations si des opportunités se présentent au cours des prochains mois."Nous allons nous intéresser à d'autres plates-formes. Sans doute pas en consolidation totale, parce qu'il faut faire un petit peu attention à notre endettement, mais un peu à l'image de ce que nous avons fait dans le secteur autoroutier, en y allant à travers des sociétés de projet, en partageant la charge de capital avec des partenaires, au moins le temps de se refaire un peu une santé en terme de capacité d'intervention financière", a-t-il indiqué ce mercredi à Paris lors de la présentation des résultats financiers 2012 du groupe, marqués par une très légère hausse du bénéfice net de 1,917 milliard d'euros (+ 0,7 %) pour un chiffre d'affaires de 38,63 milliards d'euros, en progression de 4,5 %. En disant cela, "le patron de Vinci ne s'interdit pas de regarder des aéroports d'une valeur d'au moins un milliard d'euros dans lequel le groupe pourrait investir à hauteur de 20 % environ", explique un proche du groupe.Fort développement mondialPourquoi cette diversification ? Dans un souci de rééquilibrage de ses métiers, le groupe cherche à développer son activité dans les concessions qui, d'une manière générale, offrent des revenus plus récurrents sur une longue période et permet d'atténuer les aléas de la conjoncture économique sur ses autres activités. Et dans ces métiers de la concession, Vinci mise sur les aéroports, un secteur à la fois en fort développement au niveau mondial et qui offre des avantages que ne présentent pas les autres types de concessions, notamment les autoroutes."Les taux de croissance dans le secteur aéroportuaire sont supérieurs au PIB avec des coefficients multiplicateurs de 1 à 2", fait valoir Xavier Huillard. En outre, le monde est dans une phase d'équipement. "Le Brésil va construire au moins plusieurs centaines d'aéroports, c'est aussi vrai dans de nombreux pays d'Asie dont l'Inde. Il y aura donc beaucoup d'opportunités au cours des prochaines années", explique le PDG de Vinci.Des recettes supérieures aux autoroutes"En outre, les aéroports permettent de trouver un bon équilibre entre les activités régulées (redevances aéronautiques) et les autres activités (commerces, immobilier, parking...)", ajoute-t-il. Ce qui n'est pas le cas pour les autoroutes. Et contrairement aux concessions autoroutières, il est plus facile de mettre en place des stratégies marketing pour attirer les compagnies aériennes et développer le trafic. "Nous avons convaincu la compagnie à bas coûts espagnole Volotea à s'installer à Nantes. Elle va faire voyager 300.000 passagers à l'année", explique Xavier Huillard.C'est notamment pour toutes ces raisons que les agences de notation n'ont pas dégradé la note de Vinci (BBB+ pour S&P, Baa1 pour Moody's) avec perspective stable. "Nous avons consulté Standard and Poor's et Moody's au moment de l'opération. Si nous avions procédé à une acquisition de trois milliards dans les métiers, leurs réactions auraient été probablement différentes".ANA, un tremplinPour le développement de Vinci dans ce marché à très fortes marges, l'acquisition d'ANA est un sérieux tremplin pour d'autres étapes à l'international. Le groupe va devenir un acteur international de premier plan, avec 23 aéroports gérés au Portugal, en France et au Cambodge, Vinci accueillera 40 millions de passagers par an pour un chiffre d'affaires global d'environ 600 millions d'euros. Une expérience qui lui permettra d'affiner ses compétences et qui apportera du crédit dans les appels d'offres internationaux. Mais aussi en France (où sa crédibilité est néanmoins déjà bien établie) si le gouvernement décidait un jour de privatiser les grands aéroports régionaux, voire Aéroports de Paris. "L'Etat n'a pas pris de décision ni sur les plates-formes régionales et a fortiori sur ADP. Ce n'est pas un sujet", a indiqué Xavier Huillard. Pour rappel, Vinci détient 3 % du capital d'ADP et reste forcément en embuscade si le capital devait un jour s'ouvrir.Merci Aéroports de ParisDans cette stratégie, ce dernier a eu néanmoins de la chance. En perdant l'an dernier son duel face à Aéroports de Paris pour l'acquisition d'une participation minoritaire du groupe turc TAV, Vinci s'est épargné les complications de ce dossier avec la décision de la Turquie de construire un nouvel aéroport à Istanbul d'ici à 2016-2017, concurrent de celui d'Atatürk, le principal actif de TAV. Si Vinci avait hérité de ce dossier, il aurait eu du mal à postuler au rachat d'ANA ou du moins de mettre 3 milliards d'euros sur la table. Car Vinci ne semblait pas lui non plus avoir vu venir la menace de ce nouvel aéroport dans un calendrier aussi court. "Le niveau d'informations était probablement du même ordre que celui d'Aéroports de Paris", a convenu Xavier Huillard. Mardi, le PDG d'ADP, Augustin de Romanet a indiqué avoir reçu un courrier des autorités turques assurant qu'ADP serait indemnisé pour le manque à gagner. Planning de réalisation des travaux de Notre-Dame-des-LandesConcernant l'aéroport contesté de Notre-Dame-des-Landes, dont Vinci a obtenu la concession, Xavier Huillard attend les conclusions de "la commission de dialogue" qui doit rendre son rapport à Jean-Marc Ayrault,  fin mars, avant de pouvoir donner un "planning de réalisation" des travaux.

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