Strasbourg continue d'étendre son emprise sur le Crédit Mutuel

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Michel Lucas poursuit sa conquête du pouvoir au Crédit Mutuel (CM). Nommé président de la Confédération nationale en octobre dernier, il a fait voter le 15 février en assemblée générale extraordinaire la suppression du poste de vice-président délégué, comme l'a révélé le quotidien breton « Le Télégramme ». L'annonce a fait bondir son grand rival, le Crédit Mutuel Arkéa, qui occupait le poste par l'intermédiaire de son président honoraire, Georges Coudray. Pour manifester leur opposition, les six représentants d'Arkéa, les présidents et directeurs généraux des trois fédérations du regroupement (Bretagne, Sud-Ouest et Massif central), ont démissionné de la confédération. Brest ne pratiquera pas pour autant la politique de la chaise vide, puisque les démissionnaires seront remplacés le 16 mars « afin de respecter [les] obligations statutaires », comme l'explique Jean-Pierre Denis, le président du CM Arkéa, dans un document diffusé en interne. Selon lui, l'initiative de Michel Lucas « remet directement en cause l'équilibre et le pluralisme du Crédit Mutuel ». Historiquement, la vice-présidence était en effet occupée par Brest et la présidence par Strasbourg. Michel Lucas a mis Georges Coudray devant « le fait accompli, en interrompant brutalement un mandat qui n'arrivait à échéance qu'en 2012 », ajoute Jean-Pierre Denis. Pourtant, « le maintien de la fonction de vice-président délégué constituait [...] l'un des points non négociables. » Et de conclure : « Ne tournons pas autour du pot : le projet de Michel Lucas est toujours le même. Il vise à imposer un Crédit Mutuel uniforme, totalement assujetti au groupe qu'il dirige. » Démarche « logique »À Strasbourg, la décision du président de la confédération est accueillie favorablement. « Cette démarche est logique. Historiquement, il existait deux grands pôles au Crédit Mutuel : l'Est et l'Ouest. Il était donc naturel de partager la gouvernance. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas, le CM10-CIC ayant pris un poids très important », estime Yves Guérif, délégué syndical national SNB CFE-CGC basé à Nantes. Depuis plusieurs années, Michel Lucas a en effet opéré un patient travail pour regrouper les différentes fédérations autour de Strasbourg et, ainsi, étendre l'emprise des « Alsaciens » en France. « Dans la caisse nationale, c'est Strasbourg qui gère », résume un cadre. Depuis le 1er janvier 2011, l'entité dirigée par M. Lucas, le CM5-CIC, est devenue le CM10-CIC et concentre dix caisses, après que Caen, Marseille, Nantes, Orléans et Valence ont rejoint le groupe. Aujourd'hui, peu de fédérations échappent à l'orbite de CM10-CIC. Six entités seulement sont encore indépendantes : le CM Arkéa, le CM Maine-Anjou Basse-Normandie, le CM Océan, le CM Antilles-Guyane, le CM Nord Europe et, enfin, le CM Anjou. D'après nos informations, ce dernier pourrait bientôt rejoindre le CM10-CIC.

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