Alcatel-Lucent manque la reprise du marché des télécoms

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Plus habitué ces dernières années à écoper la baisse continue de son chiffre d'affaires, Alcatel-Lucent n'a pas réussi à profiter de la reprise du marché des télécoms au premier trimestre. « C'est la première fois depuis mon arrivée en septembre 2008 que je constate de telles opportunités au sein du groupe. C'est très encourageant. Mais dans le même temps, c'est très frustrant de voir que la reprise des commandes ne s'est pas traduite dans les résultats financiers du trimestre », reconnaît Ben Ver-waayen, le directeur général de l'équipementier en télécoms.Comme Ericsson, son grand concurrent, Alcatel-Lucent a été victime d'une pénurie de composants au premier trimestre (lire ci-contre). Mais l'équipementier en télécoms « paye » aussi des trimestres de contraintes budgétaires et notamment une réduction drastique de ses stocks l'an dernier pour afficher un bilan présentable. Ben Verwaayen s'en défend et assure que « le problème ne vient pas de nos mesures de réduction des coûts mais de la pénurie mondiale de composants. La transformation du groupe était absolument nécessaire et nous devons continuer sur cette voie. La forte reprise de l'activité est simplement intervenue au moment où nous nous transformions ».Un mauvais timing qui a néanmoins coûté sa place début avril à l'ancien responsable des opérations du groupe, Michel Rahier. Et un décalage que les investisseurs ont du mal à accepter, le groupe trouvant toujours une bonne excuse pour expliquer des chiffres moins bons que prévu. S'ils ne misaient pas sur un premier trimestre profitable, conscients notamment du problème des composants, les analystes financiers ne s'attendaient pas à un tel niveau de pertes opérationnelles (-195 millions d'euros). Après un tel début d'année, certains se demandent même comment le groupe franco-américain va pouvoir tenir sa prévision, confirmée jeudi, d'une marge opérationnelle annuelle comprise entre 1 % et 5 %. D'où la chute de 6,50 % du cours de l'action hier, à 2,114 euros.réorientation amorcée« Nous avons beaucoup travaillé à réduire notre structure de coûts fixes et notre besoin en fonds de roulement. Aujourd'hui, notre principale préoccupation est d'augmenter notre volume d'activit頻, répond Ben Verwaayen, persuadé que le groupe ne dépend plus de ses activités du passé mais bien des technologies futures. Et de citer les contrats récemment gagnés par le groupe auprès des opérateurs de télécoms américains, notamment dans la 4G mobile, la perspective du déploiement d'un réseau national de fibre optique en Australie, et l'explosion du trafic de données sur les réseaux qui oblige les opérateurs à investir.Paul Tufano, le directeur financier, a assuré que les chiffres du deuxième trimestre montreront, enfin, cette amélioration du marché. Selon lui, la croissance des revenus sera proche de 10 % par rapport au niveau du premier trimestre. En espérant que l'équipementier en télécoms et ses sous-traitants disposent de toutes les pièces nécessaires pour livrer ses clients à travers le monde.

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