Un artiste du pop art nommé Tim Burton
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Et si c'était ça, la plus grande audace du Festival de Cannes ? Avoir nommé Tim Burton à la tête du jury chargé de décerner la palme d'or. Un choix aussi inattendu que justifié. Par son originalité, sa fantaisie, sa créativité débridée aux accents fantastiques mâtinée de poésie macabre et saupoudrée de gore, Burton ne ressemble en rien à ceux qui l'ont précédé. D'autant que le réalisateur est issu du cinéma d'animation, une première à Cannes. C'est aussi un artiste contemporain célébré cet hiver par le MoMa de New York dans une exposition ayant attiré plus de 600.000 visiteurs. Enfin, qu'on ne compte pas sur lui pour citer Bergman ou Godard comme source d'inspiration. « Après avoir passé mes jeunes années à voir des triples programmes et à faire des marathons de 48 heures de films d'horreur, je me sens prêt pour Cannes », avouait récemment le réalisateur de « Mars Attacks », d'« Edward aux mains d'argent » et d'« Alice au pays des merveilles ».Le cinéma ? Tim Burton est pratiquement né dedans puisqu'il a vu le jour à Burbank (Californie) où les plus grands studios ont élu domicile. Il ne s'y sent pourtant pas à sa place. Alors il se réfugie dans les « comic books », oppose son humour à la fadeur d'un quotidien de la moyenne bourgeoisie, avale des tonnes de dessins animés, de séries Z, et de science-fiction, raffole de la nuit des morts fêtée par les Mexicains. Et trouve déjà là les sujets et l'esthétique de ses oeuvres à venir.L'exposition du MoMa racontait tout cela à la perfection. Elle dévoilait à travers ses petits tableaux aux couleurs acidulées de squelettes amoureux, cette installation d'un carrousel fluo dont les chevaux de bois ont été remplacés par des dinosaures zébrés ou des poissons aux lèvres pulpeuses, le digne héritier des artistes du pop art. Car Burton puise au sein de la culture populaire américaine les sources de son oeuvre plastique et cinématographique. Comme le faisaient Warhol et Lichtenstein en leur temps.Qui cherchera-t-il à récompenser à Cannes ? Contrairement au choix prévisible de la rigide Isabelle Huppert l'an dernier, impossible de le savoir. Et c'est ce qui rend aussi cette édition si excitante. Y. Y.
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