Un déficit chronique depuis 2003
La Tribune
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Certes, la dégradation du solde de la balance commerciale a ralenti au troisième trimestre, permettant à celui-ci d'atteindre son plus faible niveau depuis 2004.Toutefois, cette situation est loin d'être satisfaisante. Cette année, le commerce extérieur devrait encore peser négativement sur l'activité. Alors que la France dégageait encore un excédent commercial en 2003 (+ 1,143 milliard d'euros), ses échanges extérieurs sont depuis dans le rouge. Pourtant vigoureuse (+ 25 % entre 2003 et 2008), la progression des exportations n'a pas suffi à compenser celle des importations (+ 50 %, + 35 % hors énergie). Résultat, le déficit commercial a volé de record en record pour dépasser les 55 milliards en 2008.Comment en est-on arrivé là ? Une seule explication ne peut suffire. Tout d'abord, la balance commerciale a subi deux chocs majeurs : la flambée du baril de brut ? le prix moyen du WTI coté à New York est passé de 31 dollars en 2003 à près de 150 dollars en 2008 ? et l'envolée de l'euro face au dollar. Selon les économistes, l'appréciation de l'euro a retiré 0,2 point de PIB à la croissance entre 2002 et 2007 en réduisant de 30 % la compétitivité prix des produits français hors zone euro.Mais ces deux chocs n'expliquent pas pourquoi les parts de marché de la France sont passées de 5 % à moins de 4 % entre 2003 et 2009 au niveau mondial, et de 15 % à moins de 13 % dans la zone euro. « Ce déficit commercial chronique provient d'un problème d'offre au niveau industriel », estime Karine Berger chez Euler Hermes, qui rappelle que le nombre d'entreprises exportatrices sur la période est passé de 110.000 à 95.000. Excédentaire en 2003 à hauteur de 9 milliards, la balance commerciale des produits manufacturés affiche un déficit de 23 milliards cinq ans plus tard, affectée par le déclin de l'automobile, les constructeurs n'ayant pas su renouveler leurs gammes de véhicules. Depuis 2003, les exportations de ce secteur sont restées stables alors que les exportations globales augmentaient de 25 %. « Au total, les échanges d'automobiles expliquent 28 % du déficit », calcule Mathilde Lemoine chez HSBC France. Pour l'OFCE, l'explication est plutôt à chercher outre-Rhin. « La désinflation compétitive allemande, via les baisses de salaires, explique en grande partie cette situation », estime Éric Heyer. « Les exportations françaises ont été rognées par les deux bouts. D'une part, nos produits sont devenus moins compétitifs que les produits allemands. D'autre part, le sacrifice des salaires en Allemagne sur l'autel de la compétitivité à l'export a sapé la demande intérieure, tarissant de facto les débouchés de l'industrie française », explique-t-il. F. Pi. 23 milliards C'est le déficit de la balance commerciale de la France.
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