Un judoka passionné de physique, en quête d'une « banque loyale »

Pour ce judoka, qui affrontera dimanche prochain une épreuve donnant accès au troisième dan de ceinture noire, c'est par le corps à corps avec l'adversaire que l'on gagne la bataille. Lorsqu'il devient directeur général de la caisse Provence-Cote d'Azur en 2001, Philippe Brassac avance un diagnostic sans concession sur l'état de l'opinion publique à l'égard des banques : un intérêt personnel trop marqué, un court-termisme dans le conseil au client, et en cas de coup dur, l'absence de l'institution. « J'ai voulu mettre en place une stratégie gagnante pour contrecarrer cette image », explique le dirigeant. Cette stratégie s'articule autour d'un seul leitmotiv : le client. Baptisée « banque personnalisée pour tous » ou BPPT en interne, elle est fondée sur un objectif à terme, non chiffré. Tous les deux ans, 20 à 30 chantiers sont menés pour progresser sur tel ou tel point. Parmi les effets de ces réflexions, la caisse a une pratique rarissime dans le milieu bancaire : ses conseillers financiers n'ont aucun objectif chiffré en matière de nombre ou de type de produits bancaires et d'épargne à vendre, et surtout leur rémunération n'est pas liée à la vente. Pourtant, le directeur général affirme que la part de marché de la caisse progresse régulièrement pour atteindre près de 25 % sur les trois départements qu'elle couvre : + 2,5 % ces deux dernières années sur la collecte et + 3 % sur le crédit.nouvelles réglementationsParadoxe pour ce statisticien-économiste (diplômé de l'ENSAE et d'un DEA de mathématiques) dont le hobby, hors le judo, n'est autre que la mécanique quantique, les chiffres ne sont pas une motivation dans la stratégie. Ils ne doivent être que sa conséquence. D'ailleurs, il répète à l'envi son image préférée, « celle du joueur de tennis qui passerait son match à regarder le tableau des scores au lieu de la balle », estimant que « gérer en ne se concentrant que sur les tableaux financiers est la pire des attitudes car elle conduit à se focaliser uniquement sur le court terme ». Pour lui, les « coups » sont l'anti-Crédit Agricolegricole. Et au terme de huit ans de BPPT, il vient de décider de faire évoluer cette stratégie vers le concept de « banque loyale ». Car il est certain que l'environnement actuel, fort de ses nouvelles réglementations (directive MIF ou rapport Delettré), associées à la pression du consumérisme, conduira les banques à faire des progrès vis-à-vis du client. Et parce qu'il veut « rester dans le peloton de tête pour les standards de demain en termes de qualit頻, 32 chantiers autour de 8 thèmes de réflexion viennent d'être engagés. Mise en ?uvre dans quelques mois. G.L.SL'homme est certain que l'environnement actuel conduira les banques à faire des progrès vis-à-vis du client.

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