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Copenhague : « On ne laissera plus les choses se passer de la même manière »

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Publié le 07 février 2010 à 22:44 - Mis à jour le 07 février 2010 à 22:44

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Échec, étape nécessaire, triomphe des égoïsmes, pas à la hauteur des enjeux : quelle que soit l'opinion concernant les résultats de la 15e conférence sur le climat à Copenhague, en décembre dernier, un sentiment domine, celui d'un rendez-vous manqué. Et pour un homme aussi politique que Nicolas Sarkozy, c'est avant tout un rendez-vous manqué avec l'opinion publique. Le chef de l'État avait, ces derniers mois, mobilisé beaucoup d'énergie sur la question climatique, multipliant les initiatives aux quatre coins de la planète, alors que l'Union européenne apparaissait, sur le sujet, plus désunie que jamais et l'Allemagne, crise oblige, en retrait. Et de ce rendez-vous manqué, Nicolas Sarkozy a vite compris l'intérêt d'en faire porter la responsabilité première à un processus onusien « à bout de souffle ». L'argument, qui évite de froisser les États-Unis et les grands pays émergents, a été repris, jeudi dernier, à l'issue du conseil des ministres franco-allemand. Pour la première fois, le président, en présence de la chancelière Angela Merkel, est revenu sur Copenhague en tirant à boulets rouges sur ces conférences des parties (« COP ») de l'ONU : « On n'est pas content de ce qui s'est passé, la façon dont ça s'est passé et on ne laissera plus les choses se passer de la même manière. » Pour Philippe Moreau Defarges, chercheur à l'Ifri, ce nouveau volontarisme traduit un aveu d'impuissance : « Ni la France, ni l'Allemagne, ni même l'Europe ne disposent du poids nécessaire pour imposer quoi que ce soit. » Amy Dahan, du centre de recherche Alexandre Koyré, estime que « l'Europe n'a pas saisi les nouveaux rapports de force qui sont en train de s'affirmer, en particulier que les états-Unis et la Chine ne voulaient plus de la construction d'un nouveau traité général. Elle n'a ni défendu le protocole de Kyoto, qui lui avait valu un capital politique certain dans ces arènes, ni ne l'a remplacé par autre chose. Elle a été invisible et marginalisée ». Bref, personne n'était prêt à assumer un leadership sans pour autant le laisser à quelqu'un d'autre.Cette mauvaise appréciation d'un ordre mondial nouveau a marginalisé l'Union européenne et conforté, au passage, la piètre opinion de Nicolas Sarkozy à son égard. Car il compte bien changer les « choses » et confisquer le dossier climatique à une ONU jugée impuissante, où il peine à se faire entendre, pour le confier à une nouvelle instance. Laquelle ? Ce n'est pas un mystère que le président compte s'appuyer de plus en plus sur le G20, objet de tous ses éloges à Davos. Il a toujours su profiter de cette arène pour porter ses idées haut et fort et il n'oublie pas que la France présidera le prochain G20 en 2011, à quelques mois des présidentielles. Philippe Moreau Defarges doute cependant de la légitimité de ce cadre pour traiter d'enjeux aussi globaux que ceux du climat. « Les G... quelque chose n'ont jamais su rien imposer », rappelle-t-il. Et Amy Dahan souligne la richesse des contributions des COP et leur rôle dans la mobilisation des opinions, grâce notamment à une alliance inédite du monde scientifique et de la société civile. « S'il est illusoire de croire que les COP peuvent faire aboutir des accords globaux, elles permettent de porter l'enjeu climatique et d'éviter des politiques régressives, limitées au seul business vert et à l'économie décarbonée. » Une fois que la conviction sera suffisamment affirmée, il faudra alors passer par la case du droit international. « Qu'on le veuille ou non, seule l'ONU est capable d'assurer une transparence, des règles communes et un contrôle des objectifs », défend Sandrine Mathy, présidente du Réseau action climat France.Analyse éric Benhamou Journaliste à « La Tribune »Chaque semaine, « La Tribune » décrypte une phrase ou une citation qui marque un temps fort de l'actualité politique, sociale ou économique.? l'intégralité des réactions de sandrine MathY, présidente de RACF, et de Philippe moreau Defarges, codirecteur de ramses, sur « La Tribune » numérique du samedi 6 février 2010.

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