En Hongrie, la pollution atteint le Danube
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La pollution provoquée par la fuite d'importantes quantités de boues toxiques issues d'une usine hongroise d'alumine a atteint le Danube jeudi, trois jours après l'accident. Mais la baisse du pH (le potentiel d'hydrogène, qui mesure l'acidité d'un liquide) constatée dans les eaux charriant ces produits permet d'espérer un moindre taux de soude et donc des dommages plus limités qu'aux environs de l'accident, complètement dévastés. Visitant le lieu du sinistre, qui a fait 4 morts et 150 blessés, le premier ministre hongrois Viktor Orban a évoqué une « catastrophe écologique sans précédent ».« Sécurité défaillante »Le caractère toxique des boues rouges provient des fortes quantités de soude qu'elles contiennent. La soude, qui sert par exemple à déboucher les canalisations dans les appartements, est abondamment utilisée pour extraire l'alumine (transformée ensuite en aluminium par électrolyse) de la bauxite, c'est-à-dire le minerai de base. Dans un processus normal, cette soude est extraite des boues pour être réutilisée dans la fabrication d'alumine. Privatisée en 1995, Magyar Aluminium, l'entreprise à l'origine de la fuite, est assez peu connue en Europe occidentale. Elle n'appartient pas à la fédération européenne de l'aluminium, qui regroupe les plus grands industriels du secteur. Philippe Leclainche, délégué général de l'association française de l'aluminium, n'exclut pas que l'accident « provienne d'une culture de sécurité défaillante ». «On sait que quand on va dans l'Est de l'Europe, on tombe sur une culture d'économie planifiée où l'environnement et la sécurité des personnes peuvent être négligés. » À propos de cet accident, la fédération européenne de l'aluminium souligne de son côté les pratiques normales de sécurité - revêtement des sols, murs de rétention... - sans se prononcer sur d'éventuelles entorses de l'entreprise. En France, il ne reste plus qu'un seul site de production d'alumine, à Gardanne, et deux d'aluminium primaire, exploités par Rio Tinto depuis son rachat d'Alcan, le repreneur de Pechiney. Une quizaine de sites fabriquent de l'aluminium de recyclage, dont la production cumulée dépasse celle d'aluminium primaire. O. H.
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