Compartamos, un succès mexicain

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La banque mexicaine de microcrédits, Compartamos Banco (« Partageons »), ne connaît pas la crise. Fin octobre, le leader en Amérique latine a intégré le « Latin American Corporate Governance Roundtable », qui réunit sous l'égide de l'OCDE les 20 sociétés du sous-continent avec la meilleure gouvernance. Critiquée pour ses taux d'intérêt élevés, elle n'en trace pas moins sa route en militant pour la rentabilité du secteur.Son principe : prêter sans garantie 390 dollars en moyenne à des micro- entrepreneurs à faibles revenus. Plus de 80 % sont des femmes, réunies en groupes de « pairs », garants du paiement des membres avec un taux de remboursement de 99 %. Créée en 1990, l'ONG est devenue en 2000 une entreprise privée, puis une banque commerciale en 2006 et est entrée en Bourse à Mexico en 2007. Depuis, elle a multiplié plus dix fois sa valeur. Compartamos compte 1,7 million de clients et plus de 9.000 employés pour un résultat net trimestriel de 40 millions de dollars, en hausse de 36,8 % en un an. Le secret de cette réussite ? « Dans un pays dont la moitié de la population est dans le besoin, le secteur est en forte croissance. D'autant qu'il est plus épargné que les autres par les crises cycliques », répond Patricio Diez, son directeur financier. Le marché du microcrédit au Mexique représente 18 millions de clients potentiels, dont moins de 15 % y participent. Compartamos en concentre déjà la moitié. Mais ce succès ne fait pas l'unanimité: en 2008, Muhammad Yunus, père du concept au Bangladesh et prix Nobel de la paix en 2006, a fustigé ses taux d'intérêt de 71 % annuels. « Pour survivre, nous devons être rentables et nous payons nos employés cinq fois plus qu'en Asie », justifie Patricio Diez. Un argument qui a permis à la banque de devenir en 2010 la première des 500 entreprises mexicaines où il fait bon travailler, selon l'institut Great Place to Work. Frédéric Saliba, à Mexico

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