Pollution atmosphérique - Les nouvelles sont mauvaises d'où qu'elles viennent

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Certes, la qualité de l\'air extérieur a progressé depuis la révolution industrielle. Mais cette amélioration semble aujourd\'hui stoppée. « Après des décennies de nette amélioration de la qualité de l\'air en Europe, essentiellement due à la réduction des émissions liées à la production d\'énergie, aux industries lourdes et aux transports, les taux mesurés de particules fines, de dioxydes d\'azote et d\'ozone sont restés stables dans la plupart des villes européennes ces dernières années », peut-on lire dans l\'éditorial du premier bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l\'année publié par l\'Institut de veille sanitaire (InVS), et intitulé « La pollution atmosphérique en Europe : un problème de santé publique persistant ».Un lien évident entre pollution et santé publique Dans le même temps, la connaissance sur le lien entre pollution, santé publique et morbidité s\'est nettement approfondie. « L\'accumulation de preuves sur les effets de cette pollution sur la santé invite à des approches politiques plus radicales et globales, non seulement pour maintenir les niveaux de pollution en dessous des niveaux imposés par certaines normes légalement contraignantes ou par des valeurs limites, mais aussi pour réduire davantage l\'exposition de la population, même lorsque les normes sont respectées » peut-on encore lire en introduction du BEH.L\'automobile plus pollluante que les centrales thermiquesCe document rappelle notamment le rôle des combustibles fossiles, principale source de pollution particulaire dans le monde, et celui des émissions automobiles, plus nocives que celles des centrales thermiques...« Près de deux ans d\'espérance de vie pourraient être gagnés dans les villes les plus polluées d\'Europe si la pollution pouvait être ramenée aux niveaux préconisés dans les lignes directrices de l\'OMS relatives à la qualité de l\'air », rappelle également le document. « Cela représente près d\'un tiers de l\'écart d\'espérance de vie observé entre les États membres de l\'Union européenne. Près de 15 % du gain d\'espérance de vie aux États-Unis entre 1980 et 2000 ont été attribués à l\'amélioration de la qualité de l\'air. »L\'étude souligne également la nécessité d\'actions globales car les mesures locales, essentielles, ne seront pas suffisamment à elles seules efficaces dans une Europe densément peuplée, avec une agriculture, une industrie et des transports extrêmement motorisés, et des polluants dangereux pouvant être transportés dans l\'atmosphère sur des milliers de kilomètres. »Les agrocarburants facteurs de pollution atmosphérique !Dans ce contexte, les agrocarburants, déjà accusés de faire concurrence à l\'alimentation et d\'accroître la pression foncière comme la volatilité des denrées agricoles, figurent au banc des accusés. Egalement incriminés pour leur médiocre bilan carbone (dû au changement d\'affectation des sols indirect), ils pourraient aussi contribuer à polluer l\'air. C\'est en tous cas ce que montre l\'article publié le 6 janvier dans la revue britannique Nature Climate Change. En effet, les taillis à rotation rapide nécessaires aux agrocarburants de deuxième génération issus de ligno-cellulose (qui n\'entrent pas en concurrence avec les cultures agricoles) émettent plus d\'isoprène que les cultures classiques. Or ce composé organique volatile (COV) serait responsable de la mort prématurée de 22.000 personnes en Europe.La France bientôt condamnée à cause du diesel ?Quant aux moteurs diesel, dont la France est particulièrement friande, les particules fines qu\'ils émettent sont si nocives qu\'ils ont été récemment classés parmi « les cancérogènes certains » par le centre international de recherche sur le cancer de l\'organisation mondiale de la santé (OMS).D\'ailleurs, la France (dont 60 % du parc et 83,5 % des voitures vendues en 2012 roulent au diesel) est particulièrement mal placée et 90% des Parisiens sont exposés à des niveaux de pollution qui ne respectent pas la réglementation européenne. La concentration moyenne de particules fines (d\'un diamètre inférieur à 2,5 micromètres) y est nettement supérieure aux 10 microgrammes par mètre cube recommandés par l\'OMS : de 18,5 à Marseille, elle atteint 16,5 à Lyon et Paris. Même les villes les plus proches de l\'objectif (Toulouse, Le Havre et Rouen) se situent autour de 14/15 microgrammes par mètre cube.interLa France, qui pourrait d\'ailleurs se voir prochainement condamnée pour cette raison par la Cour de justice européenne, doit mettre en œuvre une politique plus efficace de lutte contre la pollution de l\'air. La ministre de l\'Ecologie Delphine Batho doit ainsi annoncer prochainement des mesures venant en remplacement des « zones d\'action prioritaires pour l\'air » (Zapa) pour lesquelles huit villes françaises s\'étaient portées volontaires, et prévoyant notamment des restrictions de circulation des véhicules les plus polluants, susceptibles d\'être interprétées comme une injustice sociale.     

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