Des sondages pas si roses
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La cause est entendue : Nicolas Sarkozy, en fâcheuse posture dans les sondages, va devoir souquer ferme s'il veut garder une chance d'accomplir un second mandat présidentiel. Crise économique, rejet de sa personnalité, cafouillages et affaires en tout genre, usure de la droite après neuf années au pouvoir : tous les éléments se conjuguent pour faire dégringoler chaque semaine un peu plus la courbe de sa popularité. Rien de très surprenant finalement. Beaucoup plus étonnant, voire inquiétant, à la lecture des sondages de ces derniers jours, est l'incapacité chronique du Parti socialiste à faire émerger un candidat jugé suffisamment crédible pour remporter les prochaines élections présidentielles. Les scores réalisés dans les sondages par Martine Aubry, DSK ou François Hollande sont, à cet égard, médiocres : le Parti socialiste, qui n'est pas parvenu à faire élire l'un des siens à la présidence de la République depuis vingt-trois ans, ne profite pas de l'affaiblissement de Nicolas Sarkozy dans les sondages. Dans le meilleur des cas, le sauveur de Washington recueille 23 % des intentions de vote au premier tour. Moins que Ségolène Royale au premier tour de 2007 (25,87 %) et autant que Lionel Jospin au premier tour de 1995, battu ensuite par Jacques Chirac. Surtout, loin, très loin du niveau des suffrages recueillis par François Mitterrand en 1981 (25,9 % au premier tour) et en 1988 (34,11 %). À quatorze mois de l'élection présidentielle, les hiérarques du PS ont du souci à se faire : tant que la formation de Martine Aubry peinera à convaincre qu'elle reste un parti de gouvernement, la relève automatique sera loin d'être assurée. Et la politique ayant horreur du vide, cette faiblesse socialiste nourrit le vote populiste. Forte des 24 % que lui accorde le dernier sondage Harris Interactive, Marine Le Pen peut aller déposer une rose rue de Solferino. [email protected]
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