Paris et Londres refusent d'affecter la taxe bancaire à un fonds de sauvetage

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Si la plupart des pays membres de l'Union européenne souhaitent affecter le fruit de la taxe bancaire à un fonds de sauvetage, la France et le Royaume-Uni préfèrent verser ladite taxe à leur budget général. Entre le commissaire européen au Marché intérieur, Michel Barnier, et Christine Lagarde, les positions semblent irréconciliables. Plusieurs pays européens ont introduit des taxes sur les banques ou sont sur le point de le faire après la terrible crise financière de 2008-2009. La Suède l'a fait dès 2008. L'Allemagne a adopté fin août 2010 un projet de taxe sur les bénéfices des banques, et la France et le Royaume-Uni ont également présenté des plans en ce sens. La Commission européenne a proposé fin mai de créer des fonds nationaux financés par une contribution des banques pour faire face aux futures crises financières. Objectif?: éviter que les contribuables ne paient à nouveau l'addition en cas de faillite bancaire. Berlin et Madrid ont d'ores et déjà fait savoir qu'ils entendaient créer un tel fonds. En Allemagne, par exemple, la taxe devrait rapporter 1,2 milliard d'euros. Elle alimentera un fonds de soutien qui permettra à l'État d'aider et de restructurer des banques en difficulté comme Hypo Real Estate par exemple.Mais Christine Lagarde à Paris et George Osborne, le nouveau ministre des Finances britannique (photo), à Londres ne l'entendent pas de cette oreille. Ils refusent d'abonder un fonds anticrise. La Française craint officiellement que les banques françaises prennent la création d'un tel fonds comme une « assurance qui leur permette de s'exonérer de leurs responsabilités ». Autrement dit, Bercy estime que la création d'un tel véhicule ne réduirait pas mais au contraire renforcerait l'aléa moral. Pour la Commission européenne, il est urgent que les membres de l'Union adoptent une « approche européenne ». Sans elle, « la capacité des États membres à coopérer d'une façon qui permette une action rapide en cas de défaillances bancaires majeures [...] pourrait être compromise », met en garde la Commission.X. H.

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