BNP Paribas compte doubler de taille en Pologne d'ici à 2015

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cite>BNP Paribas va passer à la vitesse supérieure en Pologne. Le groupe s'est fixé l'objectif de doubler de taille dans le pays d'ici 2015. Pour la banque française, disposer d'une forte présence sur ce marché est stratégique. Depuis le début de la crise, la Pologne est devenue, avec la Turquie, l'un des principaux eldorados en Europe pour les banques occidentales, qui veulent profiter de la forte croissance de l'économie locale (+4,2 % au troisième trimestre) et du potentiel de développement important du secteur bancaire. Au cours des années 2000, plusieurs grands groupes étrangers s'étaient déjà lancés dans l'aventure polonaise, mettant la main sur plus de 70 % du marché (lire ci-contre). Aujourd'hui, BNP Paribas compte 243 agences et 400.000 clients dans le pays. Soit une part de marché de l'ordre de 2% auprès des particuliers et de 3% à 4% auprès des entreprises. Une présence limitée que la banque entend donc étendre. Pour y parvenir, elle mise d'abord sur la croissance organique. Sa stratégie: ouvrir de nouvelles enseignes sur le territoire (lire l'interview ci-dessous). Bien entendu, la banque scrute également chaque opportunité d'acquisition. En septembre, elle avait perdu la bataille pour la reprise de Zachodni face à sa rivale espagnole Santander. Aujourd'hui, un seul actif est encore officiellement à vendre en Pologne : il s'agit de Polbank, la filiale du grec EFG Eurobank. BNP Paribas a été citée parmi les candidates aux côtés de l'autrichienne Raiffeisen et de l'italienne Intesa Sanpaolo. Véritables intentions« La question aujourd'hui est de savoir s'ils seront prêts à signer un chèque suffisamment important pour l'emporter », s'interroge un banquier. Car le groupe français avance avec prudence lorsqu'il envisage une opération de croissance externe. Pour Zachodni, il avait proposé 500 millions d'euros de moins que Santander. De son côté, EFG Eurobank espère retirer entre 600 et 700 millions d'euros de la cession de la majorité du capital de sa filiale. « Il y a peu d'opportunités d'acquisitions en Pologne mais les prix sont encore raisonnables. Si BNP Paribas veut acquérir une banque en Pologne, il faudra mettre sur la table un multiple d'au moins deux fois la valeur comptable nette », estime Alain Tchibozo, analyste chez Mediobanca à Londres. Mais d'aucuns s'interrogent déjà sur les véritables intentions de la banque française. « Le dossier Zachodni les intéressait beaucoup plus, observe un ancien responsable de la banque en Pologne. Polbank a une présence récente sur le marché et doit encore rentabiliser les investissements consentis ces dernières années pour développer son réseau [334 agences, Ndlr]. » Après avoir perdu 39,3 millions d'euros en 2009, la filiale du groupe grec était en effet encore dans le rouge sur les 9 premiers mois de l'année (- 24,4 millions). Toutefois, « le réseau pourrait devenir rentable », estime Alex Koagne, analyste chez Natixis Securities, son portefeuille de crédits étant plutôt sain. Quoi qu'il en soit, les jeux seront bientôt faits. EFG Eurobank doit en effet choisir le repreneur d'ici la fin du mois de décembre.

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