Les bijoux Gas veulent conserver leur tradition artisanale
La Tribune
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« Nos clientes ne le savent pas, mais Gas est le plus ancien fabricant de bijoux fantaisie en France », souligne Olivier Gas, qui a rejoint avec sa soeur Marie, l'entreprise familiale créée il y a quarante ans par André Gas, leur père. Tout a commencé à Marseille, ville natale de la famille qui reste aux commandes de l'entreprise. Étudiant aux Beaux Arts, André vendait l'été sur les plages sa production de bijoux pour payer ses études de graveur. Lorsqu'il s'est déplacé dans les années 1970 sur les plages de Saint-Tropez, le « succès a été immédiat ». Il ne s'est pas démenti depuis.Ainsi par exemple, la boutique Gas installée dans le célèbre station balnéaire ne désemplie pas l'été et il faut souvent faire la queue avant de pouvoir choisir une paire de boucles d'oreille pour un prix allant de 60 euros à 200 euros. C'est l'une des cinq boutiques en propre de la marque de fantaisie haut de gamme en France, auxquels s'ajoutent deux boutiques à New York (la troisième ouvrira dans quelques semaines) et une à Milan. Plus largement son réseau est composé de détaillants et de corners dans les grands magasins (Printemps, Le Bon Marché, etc.).Les premiers bijoux ont été fabriqués dans la maison familiale sur les hauteurs de Marseille et c'est encore le cas aujourd'hui. La demeure a été transformée en atelier et les locaux voisins ont été annexés jusqu'à s'étendre sur 500 mètres carrés qui abritent 80 personnes. « Beaucoup de nos salariés sont là depuis l'origine de l'entreprise et aujourd'hui ils sont rejoints par leurs enfants », observe Olivier Gas qui aime souligner le double caractère familial de l'entreprise. Alors que Gas enregistrera au titre de l'année 2010 un chiffre d'affaires de l'ordre de 11 millions d'euros et sera bénéficiaire, Gas a gardé le mode de fonctionnement initial, limitant volontairement la croissance de son entreprise pour que celle-ci garde son âme d'artisan. « Nous n'acceptons aucune commande. Chaque jour, en fin de journée, un colis avec la production du jour part vers le show room de Paris. Au fil des heures, la tension monte jusqu'à la validation des pièces par André Gas et la fermeture du colis », raconte Olivier Gas, directeur général en charge des questions commerciales.Variations à l'infiniLes revendeurs de la marque, qu'ils exploitent un corner ou aient leur magasin, viennent choisir parmi les modèles disponibles. Chaque jour apporte une livraison différente. Les séries sont courtes, avec des variations à l'infini. Il est rare qu'un modèle soit décliné à l'identique à plus d'une centaine d'exemplaires. « C'est ce qu'apprécient nos clientes en plus de l'originalité de nos modèles », note le dirigeant. André Gas attache beaucoup d'importance à la qualité de ses boucles d'oreilles, bracelets et sautoirs qu'il souhaite intemporels. Pour garantir la longévité de ses bijoux, Gas a mis en place un véritable service après vente qui mobilise environ 8 % de ses effectifs. « Chaque jour, nous récupérons 100 à 150 bijoux. Normal puisqu'en l'espace de quarante ans nous avons commercialisé près de 4 millions de pièces qui sont toujours régulièrement portées par leurs propriétaires »... Les réparations sont souvent effectuées gratuitement ou pour un prix symbolique.
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