La crise met le président du Conseil au centre de l'arène européenne

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Ce n'est pas un coup d'État, mais plutôt un changement de régime qui a eu lieu, jeudi, à Bruxelles, où se réunissait le premier sommet européen sous la présidence d'Herman van Rompuy. Un rendez-vous des vingt-sept chefs d'État et de gouvernement que le nouveau patron de l'Europe avait lui-même planifié en décembre. D'une simple rencontre économique, le sommet de jeudi s'est rapidement transformé en réunion de la dernière chance pour la Grèce. à midi, Herman van Rompuy a lu la première réponse de l'Union européenne (UE) à la défiance des marchés. Personne ne l'avait fait jusqu'alors. À ses côtés, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, n'a soufflé mot. Ce duo devait apparaître comme un symbole d'union entre les deux institutions. Il s'est transformé en métaphore du nouvel ordre européen. S'il y a eu une investiture cette semaine, en Europe, elle a eu lieu hier à Bruxelles, et non mardi à Strasbourg, où les députés ont mis sur les rails la Commission Barroso 2.Il ne faut pas s'en émouvoir. L'effacement de M. Barroso marque le déclin de la Commission. Pas de l'Europe. Aux heures critiques, l'intégration du Continent a tenu à l'alchimie entre un homme et des chefs d'État et de gouvernement. Elle n'a pas emprunté les autoroutes institutionnelles. Dans le récit qu'il livre de la préparation de l'Union monétaire entre 1988 et 1991, Delors le mémorialiste ne parle que de conciliabules entre chefs de gouvernement, ministres des Finances et banquiers centraux. Il ne semble là que pour garder le cap de la monnaie unique et faire « prendre » la sauce intergouvernementale. Peut-être que l'Europe en est revenue à un point où l'initiative ne peut venir que des États et qu'elle s'est trouvée un nouveau Delors en la personne de Herman van Rompuy.points communsLes points communs entre les deux hommes sont frappants : catholiques, économistes de formation ayant débuté à la banque centrale de leur pays et méfiants à l'égard des médias. Il y a un an, Herman van Rompuy n'avait accepté qu'avec réticence l'offre du roi des Belges de gouverner son pays. Il n'était pas candidat à la présidence du Conseil européen. La force de Delors avait été de prolonger l'élan politique des dirigeants nationaux par la création d'institutions supranationales. S'il veut parachever ? et sauver ? l'Union monétaire en renforçant son volet économique, le Belge devra aussi se transformer en démiurge institutionnel.Florence Autret, à Bruxelle

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