Les banques anglaises menacées d'une scission générale

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George Osborne succombera-t-il une nouvelle fois à la pression politique ? Le 4 février, le chancelier de l\'Echiquier avait provoqué un véritable coup de tonnerre au sein du secteur bancaire britannique, en déclarant que toute banque qui ne respecterait pas le projet de loi Vickers - relatif au cantonnement des activités de détail - se verrait coupée en deux. Avec, d\'un côté, les activités de collecte des dépôts et de distribution de crédits et, de l\'autre, les activités de marché, plus risquées, à l\'image de l\'ancien Glass-Steagall Act américain. L\'objectif : éviter à tout prix qu\'en cas de faillite d\'une banque, le contribuable ne mette la main à la poche, comme cela avait le cas en 2008, avec l\'injection de 65 milliards de livres (75 milliards d\'euros) dans le sauvetage de Royal Bank of Scotland et de Lloyds Banking Group.Découper en deux toutes les banques britanniquesSi George Osborne a décidé d\'aller plus loin que la recommandation Vickers, c\'est en raison de la pression de l\'opinion publique et des milieux politiques, lassés des scandales à répétition et des bonus démesurés dans le secteur bancaire britannique. Or, voilà que la Commission parlementaire sur les standards bancaires - créée dans la foulée, précisément, du scandale du Libor - exige du gouvernement, dans un rapport publié ce lundi, qu\'il découpe en deux non pas une mais toutes les banques britanniques, en cas de manquements de certaines d\'entre elles à la future loi Vickers. « Il y a encore beaucoup de travail à faire pour améliorer ce projet de loi [qui doit être voté d\'ici à février 2014 ; Ndlr]», juge dans ce rapport le député conservateur Andrew Tyrie, qui préside la Commission parlementaire en question.Une décision du ressort du gouvernementBien sûr, reconnaît la Commission, une scission de la totalité des banques britanniques nécessiterait l\'avis d\'experts indépendants et serait du ressort du gouvernement et du parlement, et non du « simple » régulateur bancaire. Il n\'empêche, cette nouvelle réclamation de la Commission parlementaire des standards bancaires représente un durcissement considérable du projet de loi Vickers. C\'est dire si la Commission a été peu sensible aux protestations de l\'Association des banquiers britanniques. Début février, au lendemain de la concession faite par George Osborne à l\'opinion publique et à la sphère politique, ceux-ci avaient dénoncé une réglementation plus rigoureuse qu\'en France et qu\'en Allemagne, brandissant le spectre d\'une baisse de la compétitivité des banques britanniques par rapport à BNP Paribas et autre Deutsche Bank.  

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