« Ceux qui ne veulent pas toucher au système social ne pourront jamais diminuer la dette »

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Volker Wissing, président (FDP) de la commission des Finances du BundestagLe durcissement du Pacte de stabilité est-il inévitable ? La crise de l'euro a montré que le Pacte de stabilité dans sa forme actuelle ne fonctionnait pas. Sans un arsenal de sanctions renforcé à l'encontre des pays qui ne le respectent pas, il est inefficace. Il faut donc tirer les leçons de la crise et durcir les sanctions. C'est pourquoi les partis de la coalition gouvernementale ont soumis la semaine dernière leur accord au plan d'aide à la Grèce à l'acceptation par le gouvernement d'une résolution demandant notamment le retrait du droit de vote pour les mauvais élèves de la zone euro et des sanctions au niveau des aides européennes. Ce projet pourra-t-il obtenir l'accord des partenaires européens de l'Allemagne ? Nous devons mener une discussion approfondie avec eux. La réflexion sur le Pacte de stabilité est également l'occasion d'une réflexion générale sur l'intégration européenne. C'est le moment de trouver un accord, par exemple, sur l'idée que l'on se fait de la solidarité européenne. Une des raisons de la crise, c'est le manque de développement politique de l'intégration européenne au profit du seul développement économique. On doit saisir l'occasion pour relancer l'initiative politique. Si un tel durcissement passe par une modification des traités, ne craignez-vous pas que les référendums qui seront organisés dans certains pays ne bloquent le processus ? Je pense en effet qu'une modification des traités est indispensable. Mais, en démocratie, il ne faut pas craindre le vote populaire. Il faut en revanche expliquer et convaincre. Jusqu'ici, lorsqu'un problème a surgi en Europe, on l'a réglé par de l'argent. Aujourd'hui, cela ne peut pas durer. Faut-il également réfléchir au rôle de la BCE dans l'avenir ? Pour l'Allemagne, l'indépendance de la Banque centrale n'est pas négociable. Le durcissement des traités doit-il s'accompagner d'une gouvernance économique européenne ? Les deux sujets ne me semblent pas liés. Bien au contraire, le durcissement des sanctions renforce la responsabilité des Etats et donc de leur politique économique individuelle. Nous restons très critiques vis-à-vis de toute idée de transferts entre les pays. Pour nous, l'essentiel est de maintenir une compétition économique dans le cadre de règles strictes, honnêtes et claires. L'Allemagne ne respecte pas le Pacte de stabilité. Parviendra-t-elle à redresser ses finances publiques ? C'est l'objectif central de la coalition au pouvoir et son succès se mesurera à sa capacité à réussir la consolidation budgétaire. Il n'y a aucune divergence sur ce point entre le FDP et la CDU. Cela signifie des efforts, car les obligations constitutionnelles sont plus contraignantes que les obligations européennes. Il nous faudra économiser 10 milliards d'euros par an. Cela signifie-t-il une réduction des dépenses de l'Etat ? Oui. Il convient de remettre en cause l'ensemble des dépenses, y compris sociales et familiales. Aujourd'hui, certains reçoivent des prestations sans en avoir besoin, nous ne pouvons pas nous le permettre. Il faut également renforcer l'efficacité de ces dépenses sociales, notamment en se montrant plus flexible. Mais ceux qui ne veulent pas toucher au système social ne pourront jamais diminuer la dette. L'abandon du projet de baisses d'impôts de la coalition est-il aussi lié à ce défi budgétaire ? Je ne pense pas qu'il s'agisse d'un abandon. La chancelière a simplement précisé qu'il serait difficile de réaliser la réforme fiscale d'ici à 2013, mais je crois que cette réforme est indispensable et qu'elle ne pourra se faire sans réduire les impôts. Propos recueillis par Romaric God

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