Immobilier de l'État à l'étranger  : les ambassadeurs font de la résistance

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Le 9 juin dernier, le ministre du Budget, François Baroin, annonçait que l'État allait vendre 1.700 biens immobiliers d'ici 4 ans. Parmi ces cessions : châteaux en province, hôtels particuliers dans la capitale et même des maisons forestières sans électricité ni eau courante. Dans cet inventaire ne figure aucun bien situé à l'étranger. Ambasssades, consulats, centres culturels et logements de fonction sont épargnés par cette grande vente aux enchères des « bijoux de famille ». Or, le ministère des Affaires étrangères gère hors de France un patrimoine de plus 1.500 biens répartis dans 160 pays dont la valeur est estimée à fin 2008 à 4,5 milliards d'euros, selon Jean-François Mancel dans un rapport sur le projet de loi finances 2010.En avril 2009, Éric Woerth, alors ministre du Budget, regrettait dans « La Tribune » que la gestion des propriétés de l'État à l'étranger soit « trop dispersée », ce qui selon lui « engendrait des coûts importants » sans parler de l'échec de certains projets de cessions comme à Dublin. Éric Woerth annonçait à l'époque la création prochaine d'une agence foncière chargée de la gestion immobilière à l'étranger. Or ce chantier « est en panne » de l'aveu même d'un haut fonctionnaire de Bercy. Et pourtant, le Quai d'Orsay et le ministère du Budget sont tombés d'accord pour exercer une tutelle conjointe sur cet établissement. « Le blocage provient des ambassadeurs, explique-t-on à Bercy, ils veulent conserver la maîtrise de leur immobilier localement. » Locaux quasi « insalubres »Cette résistance est pourtant contraire à la stratégie de l'État propriétaire affirmée depuis quelques années. Surtout, on peut se demander si les ambassadeurs et leurs services sont les plus capables de gérer localement le patrimoine immobilier occupé par l'État à l'étranger. Le fait que la France loue des locaux quasi « insalubres » à Tbilissi en Géorgie selon le rapport Mancel nourrit ce doute. Anne Eveno

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