PSA se veut optimiste... mais n'est pas encore sorti d'affaire

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« Le pire est derrière nous. La chute du marché se ralentit en Europe. Au premier semestre, le marché européen a plongé de 7%, avec un recul de 11% en France. Sur l\'année complète, nous voyons un marché européen baisser de 5%, avec un fléchissement de 8% en France », se réjouit Philippe Varin, patron de PSA, dans le cadre des journées presse du salon de Francfort, qui ouvre ses portes les 12 septembre au public. « En 2014, le marché européen pourrait même être légèrement positif ». Le dirigeant se veut positif. Toutefois ce relatif optimisme doit être tempéré. Les marchés sont à des niveaux historiquement bas. Les experts estiment en effet que le marché européen aura perdu 3,5 millions de véhicules au total cette année par rapport à 2007, l\'année d\'avant la crise. Pas rien ! Or, PSA reste encore extrêmement dépendant de ce marché, qui génère près de 60% de ses volumes mondiaux. Et le groupe y a encore perdu des parts de marché depuis le début de l\'année (12,2% actuellement selon le constructeur, utilitaires compris). C\'est dire que ses ventes reculent davantage que le marché lui-même. Une partie s\'explique par une  volonté «  de ne pas baisser les prix ». Mais ce phénomène n\'explique pas à lui seul la chute de pénétration.Usines en sous-chargeLes usines tournaient en conséquence au premier semestre à 74% à peine de leurs capacités en Europe, voire à 61% sur la seule France, au premier semestre. Et le dirigeant n\'exclut pas la suppression de nouvelles lignes d\'assemblage. Philippe Varin table certes sur une amélioration de sa part de marché en Europe au deuxième semestre, mais il refuse de donner l\'objectif pour cette année. Le très bon démarrage du petit « Crossover » (faux 4x4) 2008, dont « les commandes sont deux fois plus importantes que prévu », est une bonne chose. Une deuxième équipe sera du reste introduite ce mois-ci pour accroître le potentiel du 2008 à Mulhouse. « Les commandes pour le (monospace) C4 Picasso sont supérieures aussi d\'un tiers aux prévisions ». Il n\'empêche. Ce n\'est pas suffisant.« La situation est difficile en Russie et au Brésil »PSA jouit d\'une belle croissance en Chine, puisque ses ventes « y ont augmenté deux fois plus vite que le marché au premier semestre ». PSA va d\'ailleurs y inaugurer en fin de mois un nouvelle usine pour DS. Mais, sur les autres grands marchés, c\'est nettement moins brillant. « La situation est difficile en Russie et au Brésil », reconnaît le dirigeant. Avec des « décroissances » des ventes du constructeur. Enfin, le groupe est absent de l\'Inde et de l\'Amérique du nord où le marché est en plein boom. Certes, il « y a des relais de croissance en Algérie, en Turquie, en Argentine ». Mais ce sont des marchés bien plus petits. Bref, il manque de vrais nouveaux grands marchés pour PSA hors du Vieux continent. « Il faut aller plus loin dans la globalisation », argue le président du directoire. Mais il ne donne pas de piste précise.Encore des pertesDans ce contexte encore très difficile, Philippe Varin, réaffirme son objectif de « diviser par au moins deux la consommation de cash cette année » par rapport à 2012. Le groupe n\'en devrait pas moins consommer encore « 1,5 milliard (au plus) d\'euros de trésorerie cette année (hors coûts de restructuration) ». Philippe Varin prévoit « une nouvelle réduction en 2014 », mais il refuse de confirmer l\'objectif initial, qui était de parvenir à l\'équilibre à la fin de l\'an prochain… Bref, ça va un peu mieux, mais PSA n\'est pas encore tiré d\'affaire. A la question s\'il faut une prochaine augmentation de capital, Philippe Varin rétorque : « on verra. Ça dépendra des projets ». Une décision n\'en devrait pas moins être prise prochainement pour une augmentation permettant à PSA de poursuivre ses investissements dans les années qui viennent.

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