BAE ou le rêve de Gallois

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Chaque année, le Sipri, Stockholm International Peace Research Institute, dévoile dans son rapport annuel le classement des plus gros vendeurs d'armes au monde. La dernière édition de ce hit-parade un peu spécial réserve une surprise de taille?: ce n'est plus un groupe américain qui occupe la première place. Les Lockheed Martin, Boeing et autres Northrop Grumman se sont fait damer le pion par leur cousin anglais, BAE Systems. Et cela ne tient pas à des baisses de budget du Pentagone qui, au contraire, dépense presque sans compter, guerres en Irak et en Afghanistan obligent. Le groupe britannique doit sa percée au rachat de firmes américaines, qui sont autant de fournisseurs des troupes US. S'il y en a un que cela peut faire rêver, c'est EADS. Le groupe européen d'aéronautique, d'espace et d'armement dirigé par Louis Gallois rêve depuis des années de ne plus dépendre des seules ventes d'Airbus et de se développer dans la défense pour parvenir à un profil plus équilibré comme celui de son grand rival Boeing. Il aurait pu y parvenir il y a quelques années en se mariant avec le champion français de l'électronique de défense, Thales. Mais des ambitions personnelles et des tensions franco-allemandes n'ont pas permis ce mariage quasi idéal. Celui entre EADS et BAE Systems ne serait pas mal non plus. Mais va-t-il dans le sens de l'histoire, alors que le groupe britannique, fidèle à la logique de Churchill, préfère regarder vers le grand large et s'est même retiré d'Airbus dont il était l'un des actionnaires historiques?? En regardant BAE, EADS qui risque d'échouer à vendre ses avions ravitailleurs au Pentagone a en tout cas sûrement des choses à apprendre sur les façons de se développer dans l'industrie de défense aux États-Unis. oprovost@latribune.frpar OLIVIER PROVOST

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