British Airways et Iberia fusionnent

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Enfin ! Après seize mois de négociations tumultueuses, British Airways et Iberia étaient prêts, hier soir, à l'issue de leur conseil d'administration respectif, à signer leur accord de fusion. Une opération qui donnera naissance au troisième groupe aérien mondial en chiffre d'affaires (14,5 milliards d'euros) derrière Air France-KLM et Lufthansa. Deux rivaux qui, il est vrai, ont accéléré depuis quatre ans la consolidation du ciel européen, le français rachetant KLM en 2004, et l'allemand s'offrant ensuite Swiss, puis Brussels Airlines BMI, et enfin Austrian. Face à ces derniers, dont les réseaux sont bien répartis sur la planète, le couple anglo-espagnol sera surtout puissant sur l'axe transatlantique, British Airways étant très présent vers l'Amérique du Nord, et Iberia sur l'Amérique latine. Une puissance de feu qui pourrait d'ailleurs s'accroître si le projet de joint-venture avec American Airlines est validé par Washington et Bruxelles.Dans le détail, cette fusion s'est voulue la plus équitable possible, avec une répartition très méticuleuse des responsabilités au sein de la nouvelle entité, dont le siège opérationnel sera à Londres et le siège social et fiscal à Madrid. Quant au conseil d'administration, il sera paritaire. Le président du nouvel ensemble sera le patron d'Iberia, Antonio Vásquez, et son administrateur-délégué celui de British Airways, Willie Walsh. Quant à l'échange de titres, un sujet délicat puisqu'il détermine le poids respectif des deux compagnies au sein de la nouvelle entité, il accorde une légère prédominance au britannique, avec 55 % des parts, contre 45 % pour l'espagnol. D'après leurs cours actuels, British Airways vaut en Bourse autour de 2,76 milliards d'euros, quand Iberia pèse 2,13 milliards. Soit, pour le nouvel ensemble, une capitalisation de 4,9 milliards d'euros, comprise entre celles d'Air France-KLM (3,3 milliards) et de Lufthansa (un peu plus de 5 milliards).négociation compliquéeCette question du rapport de force avait longtemps constitué la pierre d'achoppement des négociations, en raison des fortes oscillations des capitalisations boursières des deux groupes. Une variable qui a davantage profité aux Espagnols. À cela s'ajoutait un autre différend, et de taille : le lourd déficit du fonds de pension des employés de British Airways, que l'on estime à Madrid aux environs de 3,3 milliards d'euros et que les Espagnols n'entendaient évidemment pas être amenés à combler. Or ce problème ne sera pas réglé avant Noël. Pour compliquer la négociation, chacun avait également joué, durant ces longs mois de discussions, le jeu de l'infidélité pour faire pression sur l'autre. nle couple anglo-espagnol sera surtout puissant sur l'axe transatlantique.

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