APE, CDC, FSI ? : État actionnaire ou État stratège ? ?

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L'exercice par l'État de sa fonction d'actionnaire a été bouleversé sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy dont l'interventionnisme industriel ramène la France aux grandes heures des années Pompidou. La Caisse des dépôts et consignations joue un rôle pivot dans cette politique, avec la création du Fonds stratégique d'investissement (FSI). Détenu à 51 % par la CDC et à 49 % par l'État, le FSI a été doté de 20 milliards d'euros, dont 14 milliards en titres de participations et 6 milliards en liquidités. Cette puissance de feu nourrit évidemment de non moins puissantes tentations d'influence politique, que l'on a vues par exemple dans le dossier Heuliez, tentations contrées par l'existence d'un comité d'investissement et par la voix prépondérante du directeur général de la CDC, Augustin de Romanet, seul à avoir le « pouvoir de dire non », si l'intérêt de la Caisse lui semble menacée. Pour contrebalancer ce pouvoir qui lui échappe, Nicolas Sarkozy a nommé Jean-Dominique Comolli, candidat malheureux de l'Élysée à la direction générale du FSI, à la tête de l'Agence des participations de l'État, avec le titre de commissaire. Directement rattaché à Christine Lagarde, l'ancien patron d'Altadis sort du seul rôle d'État actionnaire dévolu à l'APE. Il est aussi l'État stratège, mais aussi comme l'oeil de l'Élysée, chargé officieusement de mettre le FSI, donc la CDC, pas toujours aussi docile que le voudrait Nicolas Sarkozy, sous surveillance. Que nenni, répond Augustin de Romanet qui assure que les relations sont au beau fixe avec Jean-Dominique Comolli (photo), comme l'a montré le dossier de La Poste. Dès lors que la CDC ne revendique plus d'avoir le monopole de l'intérêt général, mais accepte de le partager, la guerre annoncée entre l'État investisseur et l'État stratège n'aura pas forcément lieu.Philippe Mabille

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