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Real Madrid-Barça : le match est aussi financier

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Publié le 14 avril 2011 à 19:24 - Mis à jour le 14 avril 2011 à 19:24

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Le Real Madrid et le Football Club de Barcelone mènent leur saison tambour battant. Ils se rencontrent ce samedi pour un match de la Liga, le championnat espagnol, dans lequel le club catalan compte huit points d'avance sur son rival. Ils s'affronteront aussi lors de la finale de la Coupe des clubs espagnols et se disputeront une place en finale de la Ligue des champions. Quatre rencontres en vue entre deux équipes qui portent haut les couleurs de l'Espagne du foot... et du business.Selon le dernier rapport Football Money League de Deloitte, les deux équipes mènent en effet la ligue des clubs les plus riches du monde. Et ce, pour la deuxième année consécutive. Avec 442,3 millions d'euros de revenus en 2010, le Real Madrid devance d'une courte tête le FC Barcelone et ses 408,9 millions. Ces chiffres astronomiques cachent toutefois, pour Barcelone, une situation financière calamiteuse : 79,6 millions d'euros de pertes en 2009-2010, selon un audit réalisé l'an dernier, dont 37,8 millions provisionnés pour un litige l'opposant au groupe audiovisuel Sogecable. Et une dette nette de 442 millions. Celles du Real, dont le bénéfice avant impôts était de 31 millions d'euros en 2009-2010, sont presque moitié moindres, à 245 millions.Ce décalage semble confirmer l'idée répandue d'un Real Madrid plus rigoureux avec les chiffres, à l'image de son président : Florentino Pérez, qui préside aussi le premier groupe de BTP espagnol, ACS. À Barcelone, avant l'arrivée en 2010 de Sandro Rosell, dirigeant d'une entreprise de marketing sportif, le club était présidé depuis 2003 par Joan Laporta, politique indépendantiste catalan.Plus social et politique, le « Barça » ? Son slogan « més que un club » (« plus qu'un club », en catalan) semble l'accréditer. Alors que le Real Madrid a toujours communiqué sur son envergure internationale (31 Ligas ; 9 Ligues des champions), d'aucuns pensent que le Barça n'avait pas les résultats pour le faire, jusqu'à ces vingt dernières années. Le club s'est donc historiquement démarqué autrement. En s'appuyant beaucoup sur son catalanisme militant. Depuis 2006, il se distingue aussi par son partenariat avec l'Unicef, dont il arbore le sigle sur son maillot en échange de 1,5 million d'euros par an. « C'est une réussite car cela confère au Barça l'image d'un club solidaire », estime José Moya, ancien directeur du club de seconde division Elche CF et dirigeant de SConsulting. Dans ce contexte, le contrat de sponsoring du club pour cinq ans et demi avec la Qatar Foundation a fait grincer des dents. Mais il permet au Barça d'empocher 30 millions d'euros annuels. Le pragmatisme a aussi droit de cité au FC Barcelone.Les modèles financiers des deux clubs sont d'ailleurs similaires. Recettes commerciales (merchandising, sponsors, etc.), entrées de matchs et droits télévisés sont leurs principales sources de revenus. Rien que de très banal... À ceci près que les deux clubs bénéficient du système espagnol qui leur permet de négocier individuellement les droits de retransmission télévisée des matchs. Ailleurs en Europe, ceux-ci sont en général vendus collectivement, « ce qui profite aux petits clubs au détriment des gros », explique Xavier Triado, directeur du master en gestion économique du sport à l'université de Barcelone. Bilan de ce système : le Barça a empoché 178 millions en 2009-2010, le Real, 159 millions, selon le rapport de Deloitte. Une réforme vers des droits négociés collectivement leur serait donc préjudiciable... et plus encore au Barça, dont 44 % des revenus en dépendent, contre 36 % pour le Real, dont le modèle est plus équilibré. Selon Deloitte, les recettes commerciales de Madrid ont atteint 150 millions d'euros la saison dernière, soit sensiblement le même poids que les droits de retransmission, contre 122 millions au Barça. « Le Real, plus centré sur un modèle d'entreprise, attache plus d'importance au chapitre commercial via la vente de produits badgés, la concession de boutiques, l'exploitation de l'image des joueurs », explique Xavier Triado. Le club barcelonais a toutefois amélioré ce poste, en hausse de 9 % l'an dernier, et limite ainsi les risques d'une trop grande dépendance aux droits de retransmission, toujours très liés aux performances sportives.Que les supporters du Barça se rassurent, « un club de foot ne peut pas disparaître car le coût politique serait trop élevé », affirme José Moya. C'est d'autant plus vrai que le FC Barcelone et le Real Madrid ont encore le statut de clubs, alors que la plupart des autres formations de la Liga sont des sociétés anonymes sportives. De ce fait, les deux géants sont contrôlés, non par des actionnaires, mais par des dizaines de milliers de « socios » (173.000 au FC Barcelone et 91.000 au Real Madrid) qui achètent chaque année leur droit à participer à la gestion des clubs à travers leur vote.« Les ?socios? n'ont que faire de la gestion », raconte Pablo, « socio » du Real Madrid. Pourtant, Deloitte constate une forte corrélation entre revenus et succès sportifs. Une équation peu favorable au Barça. Sa direction promet de sortir de l'impasse financière en trois ans. Le contrat avec la Qatar Foundation devrait aider au sauvetage. Le club cherchera en outre à contenir ses dépenses, ce qui pourrait passer par des achats de joueurs moins coûteux. On se souvient du transfert peu concluant de Zlatan Ibrahimovich pour 70 millions d'euros en 2009. Peu de chose comparé aux 93 millions versés en 2009 par le Real Madrid pour s'offror Cristiano Ronaldo. Sous les deux présidences de Florentino Pérez, le Real a d'ailleurs été l'auteur de certains des plus gros transferts de l'histoire. Le Barça, lui, a la chance de pouvoir puiser dans son centre de formation, vraie pépinière de joueurs d'exception, dont le ballon d'or Leo Messi.Malgré le cercle vertueux résultats financiers-résultats sportifs, le Real Madrid devrait voir le titre de champion d'Espagne lui échapper une nouvelle fois. Seules la Coupe d'Espagne et la Ligue des champions pourraient lui éviter une nouvelle saison blanche. Le Barça, en revanche, est candidat à la victoire dans ces trois compétitions. De quoi améliorer singulièrement ses comptes s'il poursuit sur sa lancée lors des prochaines saisons. Quand le sport reprend sa place... Gaëlle Lucas, à Madrid

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