La Chine devient le premier fournisseur de l'Allemagne au premier semestre

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À la tribune du Bundestag, où l'on entamait ce mardi l'examen du budget fédéral pour 2011, le ministre des Finances Wolfgang Schäuble s'est réjoui que son pays était à nouveau la « locomotive de la croissance » en Europe. Des propos qui s'appuient sur une croissance désormais deux fois plus rapide que le reste de la zone euro. Mais une bonne locomotive ne doit pas seulement aller vite, mais également transmettre sa force à l'ensemble du convoi. Or, l'examen des données semestrielles du commerce extérieur atténuent le propos triomphaliste. Un pays transmet en effet sa croissance à l'étranger par ses importations. Sur le premier semestre, l'Europe a moins profité que les autres des achats allemands. La croissance des importations depuis l'UE affiche une hausse annuelle de 11,7 % contre 15 % au total. Les importations en provenance de la France n'ont progressé que de 5,7 % (1,6 milliard d'euros), d'Italie que de 4 %. La croissance allemande bénéficie aux pays émergents, est européens et asiatiques. Ainsi, les importations en provenance d'Asie s'envolent de 32 % sur un an. Pour la seule Chine, la hausse est de 35,6 %, soit 9 milliards d'euros. La République populaire devient d'ailleurs le premier fournisseur de l'Allemagne. La courroie de transmission de la dynamique allemande à l'Europe fonctionne donc au ralenti.la france premier débouchéGlobalement, les liens commerciaux de l'Allemagne avec ses voisins se relâchent. Si la France reste le premier débouché des produits allemands avec un total semestriel de 45 milliards d'euros, les exportations vers l'Hexagone ne progressent de 10,2 % en un an, bien loin du 17,1 % du total. Là encore, la Chine s'impose avec un bond de 55,5 % des livraisons allemandes. La République populaire, avec Hong Kong, progresse de deux places au classement des clients de l'Allemagne et pointe en sixième position, tout près de l'Italie et du Royaume-Uni. Cette évolution découle du modèle économique adopté par nos voisins d'outre-Rhin. Exportateurs de biens d'équipement, ils vendent naturellement de plus en plus vers les ateliers du monde émergent, en particulier la Chine, où la demande s'emballe. Et comme la demande intérieure allemande reste très dépendante des investissements industriels, le pays achète de plus en plus à ces mêmes ateliers du monde.Romaric Godin, à Francfort

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