François Locoh-Donou, un humaniste à la tête de Ciena Europe

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Il a posé deux conditions à sa mère - elle est démographe à l'Ined - pour quitter le Togo où il est né en 1971, sur les bords du lac Togo, près de la frontière avec le Bénin : être inscrit au club de football Paris Saint-Germain et continuer son élevage de poules qu'il a créé à l'âge de 8 ans à partir d'un volatile qu'il avait reçu pour son anniversaire puis en rachetant ceux de son frère et de sa soeur. Il avait alors 13 ans. À son arrivée en France, il sera inscrit à l'AS Voltaire de Châtenay-Malabry et sa mère lui offrira deux mandarins en cage...Difficile de faire le portrait de ce jeune homme aux allures de Tony Parker - son père est le premier architecte togolais diplômé DPLG -, tant il a fait de choses déjà à 38 ans. Diplômé de l'école d'ingénieurs de Marseille, titulaire d'un mastère en télécommunications optiques de l'École nationale supérieure des télécommunications (ENST), et d'un BA de Stanford (Californie), François Locoh-Donou est aujourd'hui directeur général et vice-président EMEA de Ciena, spécialiste des réseaux optiques de transport de données. Il a effectué toute sa carrière au sein de cette société, aux États-Unis et à l'international.Il a pourtant bien failli la quitter en 2000 après avoir consacré trois années à son développement en Amérique latine, en Asie et en Europe. « Je ne voulais pas faire ma carrière dans le commercial, je voulais voir autre chose », explique-t-il. Son BA en poche en 2002, il avait « l'intention de monter une start-up aux États-Unis, gagner 100 millions de dollars et rentrer au Togo. J'avais des rêves d'Afrique », confie-t-il. Mais la crise des télécoms arrive. Son ancien patron devenu CEO de Ciena lui confie le marketing monde, à Washington. En 2002, il fallait relancer l'image de l'entreprise, passée de 1,6 milliard de dollars de chiffre d'affaires en 2001 à 300 millions de dollars en 2003. François Locoh-Donou reprend les ventes à l'international. Fondamentalement optimisteEntre-temps, il s'est marié avec une Gabonaise dont il a aujourd'hui deux enfants et bientôt trois. En 2005, il s'installe à Londres, comme general manager EMEA. Ciena réalisait alors sur cette région un chiffre d'affaires annuel de 30 millions de dollars et perdait beaucoup d'argent. En cinq ans, le CA est passé à plus de 200 millions de dollars.Mais François Locoh-Donou ressent toujours l'appel de l'Afrique, le « sentiment du devoir, de l'aide pour son pays, inspiré par une mère qui a toujours dit à ses trois enfants « vous êtes le futur de l'Afrique ». L'élevage de poulets est devenu « La Ferme de l'Espoir », aux 12.000 volailles. Cette industrie n'étant pas suffisamment génératrice d'emplois, il a créé une entreprise de transformation de noix de cajou, « Cajou Espoir », permettant aux femmes de ce milieu rural très pauvre d'avoir un travail. « Je crois en ce qui est bon. Je suis fondamentalement optimiste. Le développement de l'Afrique doit venir de l'investissement privé visant à la fois profitabilité et retour social. Les choses sont en train de changer. On a l'opportunité de redéfinir les règles du capitalisme. Une nouvelle génération de leaders africains est en train d'émerger, sensibilisée au développement durable », souligne le directeur général de Ciena.

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