Domenech chez Areva

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Raymond Domenech a-t-il un frère jumeau qui sévit dans le secteur nucléaire français ? On pourrait le penser tant la gestion catastrophique du dossier Areva par les différents protagonistes tricolores concernés ressemble à s'y méprendre à la déroute de l'équipe de France de football lors de la récente Coup du monde de football en Afrique du Sud. Mauvais casting, insultes, coups bas, stratégie déplorable, tactique pitoyable : on parle bien sûr des déboires des mutins Bleus à Knysna, restant dans leur bus et refusant de s'entraîner avant un match crucial. Mais les mots seraient-ils si différents pour le dossier Areva ? Voilà un groupe leader mondial de sa spécialité, présent de l'amont à l'aval, doté d'une compétence unique en matière de retraitement des déchets nucléaires, un groupe qui, de surcroît, appartient à tous les Français puisqu'il est public. Et que fait-on pour le valoriser ? On le laisse fragilisé par des polémiques sur son management, sur sa capacité à mener des grands projets, sur ses bisbilles avec d'autres champions tricolores comme EDF ou Alstom. On laisse pourrir son projet crucial d'une grande augmentation de capital - l'État manquant d'argent pour accompagner le développement du groupe -, qui plus est, intéressant des acteurs internationaux : entreprises comme Mitsubishi ou États comme le Koweït et le Qatar. Cette politique de gribouille est d'autant plus navrante que le diagnostic a été établi après un échec retentissant sur un contrat nucléaire aux Émirats, emporté à la surprise générale à la barbe des Français par un consortium sud-coréen. Pour gagner, l'équipe de France du nucléaire doit jouer collectif. Et pourtant, cette conclusion logique qui doit amener des changements profonds d'organisation, de structures, voire de dirigeants, n'a toujours pas été mise en pratique. Qui sera le Laurent Blanc du nucléaire français ?Par Olivier Provost, directeur adjoint de la rédaction

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