L'Église orthodoxe grecque découvre la feuille d'imposition

Si en Grèce personne ne connaît exactement le montant de la fortune de l'Église orthodoxe, en revanche, tout le monde sait que c'est le plus gros propriétaire foncier du pays : 130.000 hectares, rien qu'en forêts, pâturages, monts et vallées et même plages.Avec l'entrée en vigueur de la nouvelle loi fiscale, elle est devenue l'un des premiers contribuables, en déclarant un bénéfice net s'élevant à 19.601.354,42 euros pour 2008, issu majoritairement de locations. Pour l'année 2009, ce chiffre est estimé - exception faite des revenus immobiliers des monastères - à plus de 12 millions d'euros. Outre ces gains, l'Église orthodoxe compte plusieurs millions d'euros dans quelque 6.700 entreprises de droit public (établissements et magasins religieux, par exemple), et détient un portefeuille de 9 millions d'actions à la banque nationale de Grèce valorisé à 140 millions d'euros. Elle est par ailleurs propriétaire de 350 biens immobiliers à Athènes pour une surface totale de 60.000 m2, et dispose de 4,5 millions d'euros, fruits de ses investissements, et de 20 millions d'euros donnés par les fidèles. Malgré cette richesse et la prise en charge par l'État des salaires des popes - soit 300.000 euros par an -, l'Église a hurlé au voleur lorsque le ministre des Finances, George Papaconstantinou, a révisé à la hausse son taux d'imposition. Les archevêques conservateurs, les plus virulents, comme le métropolite de Thessalonique, Anthimos, ont publiquement dénoncé cette mesure. Plus modéré, Mgr Iéronimos, primat d'Athènes et chef de l'Église grecque, a déclaré « qu'il était d'accord sur le principe, mais qu'il fallait certaines modifications ». imposée à hauteur de 35 % George Papaconstantinou a tenu bon, et sauf coup de théâtre dû aux élections régionales en automne prochain, l'Église sera bel et bien imposée à hauteur de 20 % sur ses revenus bruts provenant de son patrimoine immobilier, à hauteur de 10 % sur les dons en biens fonciers, et à 5 % sur les dons d'argent. « Comme tout contribuable grec, comme toute entreprise du pays, je suis tout à fait d'accord sur l'imposition des organismes ecclésiastiques, mais sur les résultats nets et non pas bruts », a contesté Mgr Iéronimos. Selon les premières estimations, l'impôt payé par l'Église pourrait apporter dans les caisses de l'État près de 500 millions d'euros. Toutefois, le Saint-Synode, organe ecclésiastique suprême, n'a pas dit son dernier mot. Il compte envoyer un mémorandum au gouvernement avec de nouvelles propositions. « L'Église ne refuse pas d'être imposée, surtout dans la dure conjoncture actuelle, mais elle veut que cela soit fait d'une manière qui ne va pas entraver son oeuvre philanthropique », a souligné un communiqué du Saint-Synode.

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