Depuis un an, Thierry Breton imprime sa marque au sein d'Atos

 |  | 512 mots
Lecture 3 min.
formatiqueArrivé il y a un an à la tête d'Atos Origin, le 16 novembre 2008, après l'éviction de Philippe Germond par ses actionnaires, Thierry Breton aurait sans doute aimé annoncer pour cet anniversaire l'acquisition du spécialiste italien des services de paiement SIA-SSB. Mais le rachat, attendu de longue date, subit quelques contretemps.L'offre d'Atos sur SIA-SSB, d'environ 350 à 400 millions d'euros, aurait été bloquée par la Banque d'Italie, selon des médias italiens. La proposition concurrente du fonds britannique Bridgepoint aurait subi le même sort. Motif : la réticence à voir passer dans des mains étrangères la gestion des transactions bancaires du pays, jugées stratégiques. Mais un proche du dossier interrogé par « La Tribune » réfute ce scénario, sans nier la lenteur des négociations. « SIA-SSB compte environ 180 actionnaires, soit l'ensemble des banques italiennes, qui ont peu de temps à consacrer au sujet. Il y a un problème de coordination des banques, qui sont en plus dans un contexte de crispation avec la Banque d'Italie sur de nombreux sujets », explique cette source. « Il y a eu des phases de négociations beaucoup plus actives qu'aujourd'hui et il est impossible de savoir si le projet aboutira à court terme. Mais aucun fait nouveau ne me fait dire que le processus est endommag頻, ajoute-t-elle. Thierry Breton devra donc encore patienter pour marier SIA-SSB à sa filiale Atos Worldline, joyau du groupe. Cette entité, qui gère en France les opérations de cartes bancaires pour Carrefour ou la Fnac, ou bien les transactions liées aux cartes Vitale, représente 15 % de son chiffre d'affaires, mais est trois fois plus rentable que ses autres activités.« Sous pression »Thierry Breton ne pourra donc fêter sa première année chez Atos avec cet achat. Jusqu'à présent, l'axe le plus saillant de son action a été, comme à son habitude, la mise sous tension d'Atos. « Sous pression », disent certains salariés. Avec Gilles Grapinet, son directeur de cabinet à Bercy, et Charles Dehelly, passé par Thomson, Bull et France Télécome;lécom, il a donné un coup d'accélérateur à l'industrialisation d'un groupe construit par acquisitions, mais en panne d'intégration opérationnelle. De l'avis général, ce « triumvirat » a déployé une grande énergie pour mettre en ?uvre le plan TOP d'optimisation des processus et de réduction des coûts. « C'est la première fois que l'on voit une structuration du groupe, la direction ne se contente plus d'exiger de l'argent des branches, elle impulse des services communs », note un représentant du personnel, par ailleurs critique sur le dialogue social. « Les décisions se prennent, Thierry Breton est très impliqué avec les clients », souligne un cadre, dont les objectifs sont désormais établis pour le semestre, et non plus sur l'année. Bien sûr, l'effet Breton se mesurera dans la durée. En 2009, Atos a résisté, grâce notamment à l'infogérance, une activité déjà ancienne. « Les coûts ont été bien tenus », ajoute un analyste. La patte sans doute de l'ancien ministre. Olivier HENSGEN

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :