3% de déficit : pourquoi Hollande risque de perdre sur tous les tableaux

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François Hollande maintient, contre vents et marées, son objectif d\'un déficit public ramené de 4,5% du PIB en 2012 à 3% en 2013. Une marche importante à franchir, comme l\'admet le ministre de l\'Economie, Pierre Moscovici, d\'autant plus importante que la croissance a disparu. En moyenne, les conjoncturistes consultés par Bercy prévoient une hausse quasi nulle du PIB pour 2012 (+0,1%) et à peine supérieure en 2013 (+0,3%). Compte tenu de ce marasme conjoncturel, les experts ne croient pas que l\'objectif des 3% de déficit puisse être atteint l\'année prochaine. Sur les 17 économistes de banque et d\'institut de conjoncture qui ont fait part à Bercy de leur prévision de déficit, seuls deux veulent bien croire à un solde public limité à 3% du PIB en 2013. Tous les autres situent leur prévision au dessus.François Hollande devra donc sans doute affronter une négociation difficile avec le gouvernement allemand, au cours de l\'année 2013, quand il apparaîtra de manière évidente que cet engagement ne peut être tenu.Une série de hausses d\'impôts malvenueRien de grave, pourrait-on dire, nos partenaires devront bien prendre en compte la conjoncture dégradée. La négociation sera facilitée par la situation tout aussi pénible dans laquelle se trouveront d\'autres pays, qui soutiendront sans doute la position française.Sauf qu\'avant cette échéance, le chef de l\'Etat aura fait adopter une série de hausses d\'impôts d\'une lourdeur inédite, dont l\'impact sur l\'économie ne peut être négligeable. Les hausses d\'impôts supplémentaires représenteront 1% du PIB, chiffre auquel il faudra sans doute ajouter la montée en puissance des prélèvements déjà votés (dont les 7 milliards d\'euros adoptés en juillet), et les coupes dans les dépenses, pour 0,5 point de PIB. Le fait de cibler les nouvelles taxes sur les ménages aisés, les épargnants et les entreprises bénéficiaires, permettra sans doute de limiter l\'impact sur la consommation. Mais tous les économistes estiment que ces sommes prélevées sur l\'économie joueront un rôle négatif sur la conjoncture, la déprimant un peu plus. Et, une fois mises en œuvre, ces alourdissements fiscaux ne pourront plus être remis en cause, ou difficilement.Dans ces conditions, François Hollande n\'atteindrait pas l\'objectif de 3% de déficit, tout en ayant sérieusement affecté l\'activité économique. Comment perdre sur les deux tableaux. 

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